mardi 23 août 2011

Doctor Who Classic - Saison 2 (1964-65)

Je continue à avancer petit à petit dans les anciennes saisons de Doctor Who, mais pas trop vite quand même, sous peine de faire une overdose de noir&blanc. C’est assez marrant parce que je retrouve à regarder ça par vague, genre je n’y touche pas pendant un mois et j’enfile 10 épisodes en 3 jours ensuite…

Me voilà donc arrivée à la fin de la 2e saison de William Hartnell, et déjà les choses ont bien changé : les compagnons commencent déjà à valser, les Daleks s’affirment comme ennemis récurrents, et la saison se termine en apothéose avec une sorte de proto-Master (si si, rien que ça !).

Cerise sur le gâteau, à l’exception de The Crusade, les serials (parce qu’apparement c’est le terme consacré pour ces histoires en 6 parties) sont complets (contrairement à la saison 3, ce qui m’inquiète un peu d’ailleurs), c’est donc du bonheur à regarder. En plus les sous-titres français sont disponibles sur Who63, ça peut servir même si ce n’est pas si dur à suivre que ça sans.

Plutôt que de faire un compte rendu global, je ne peux résister à l’envie de détailler un peu les épisodes. Il y aura donc des spoilers, mais soit vous n’avez pas envie de regarder des trucs aussi vieux et ça vous fait une belle jambe, soit vous vous êtes déjà tellement spoiler sur le Whoniverse que ça ne fera pas de différence !


1. Planet of Giants (3 épisodes)


C’est l’équivalent « Chéri j’ai rétréci les gosses » de Doctor Who. A cause d’une panne du TARDIS (décidément tout marche de travers dans ce vaisseau), nos héros se retrouvent réduits à quelques millimètres de haut (du coup même les mouches deviennent énormes), ce qui donne lieu à des péripéties autour d’un insecticide mortel. Assez rigolo, ça pourrait être un thème d’un épisode actuel.

Outre le côté assez réaliste de leur épopée (notamment lorsqu’ils essayent d’utiliser un téléphone mais que personne ne les entend), j’aime beaucoup l’ironie de la chose : pour une fois qu’ils atterrissent sur Terre et à la bonne époque, Ian et Barbara ne peuvent pas rentrer chez eux pour autant !


2. The Dalek Invasion of Earth (6 épisodes)


Tout est dans le titre, voilà nos Daleks (mais provenant du passé des Daleks de la saison 1, attention !) sur Terre dans les années 2100, occupant à exterminer les gens et à les transformer en serviteurs à moitié cyborg (on flirte avec les cybermen je trouve) à bord de leurs soucoupes volantes.

C’est assez marrant parce que c’est un épisode assez souvent cité (notamment à cause de LA scène dans la dernière partie), mais je l’ai trouvé assez commun finalement. Et long surtout, les histoires en plus de quatre parties gagneraient toutes à en perdre deux ou trois.

Il y a quand même quelques bons moments, notamment Barbara qui traverse Londres avec sa nouvelle (presque) copine Jenny en cherchant à éviter les Daleks sur fond de percussion (assez épique toutes proportions gardées).

Et puis cet épisode marque le départ de Susan (parce que l’actrice en avait marre de son rôle je crois). Je ne pleurerais pas le personnage assez limité (paradoxalement elle devrait avoir une importance capitale vu son lien de parenté, et pourtant on n’entend plus parler d’elle par la suite ou peu s’en faut), mais son départ contribue à poser un peu plus le caractère étrange de ce Doctor qui abandonne sa petite fille « pour son bien ». Une réplique à retenir d’ailleurs :
« One day, I shall come back. Yes, I shall come back. Until then, there must be no regrets, no tears, no anxieties. Just go forward in all your beliefs, and prove to me that I am not mistaken in mine. Goodbye, my dear. Goodbye, Susan. »

3. The Rescue (2 épisodes)


Il y a peu de choses à dire sur cet épisode qui implique un crash d’un vaisseau sur une planète avec deux survivants et des étranges créatures. Il permet surtout de voir le Doctor affecté par le départ de Susan, et de faire entrer en scène sa remplaçante, Vicki.

C’est exactement le même type de personnage que Susan mais en blonde. Ceci dit, étant plus joyeuse, avec un esprit d’aventure plus développé (autant dire que si on la laisse seule avec le Doctor, c’est la catastrophe), elle est bien plus attachante.


4. The Romans (4 épisodes)


Et voilà le premier épisode historique de la saison, qui nous emmène à Rome, comme son nom l’indique. C’est très bizarre à regarder car c’est une comédie avec Néron, quand on pense à la dernière itération romaine de Doctor Who (The Fires of Pompei), ça fait un choc.

C’est très drôle de les voir tous en costumes, avec une intrigue qui se sépare en deux avec le Doctor et Vicki d’un côté (qui se retrouvent bon gré mal gré mêlés à un complot contre Néron), et Barbara et Ian de l’autre (réduits en esclavage, gladiateurs inclus dans un Colisée assez hilarant de petitesse). Bien qu’ils passent par les mêmes lieux (parfois à 30 secondes d’intervalle), ils ne se croiseront jamais !

L’histoire se démarque du « on ne peut changer l’histoire » de la saison 1, puisque cette fois-ci le Doctor se retrouve indirectement responsable du grand incendie de Rome, ayant donné l’idée à Néron. Un Doctor comme Tennant aurait été mortifié par les conséquences de son acte, William Hartnell en rigole. Il est vraiment épatant ce bonhomme !


5. The Web Planet (6 épisodes)


Insectophobes s’abstenir pour cet épisode qui met en scène une lutte entre deux peuplades d’insectes sur une planète lointaine, les Zarbi (des fourmis géantes), dominées par l’Animus (une espèce de parasite) et les Menoptra (à mi-chemin entre l’abeille et le papillon).

Ce genre d’épisode est une perle question costumes et effets spéciaux. C’est tellement kitsch qu’il est difficile de ne pas se marrer tout du long. Les zarbi notamment sont censés être des fourmis géantes, mais avec deux pieds très humains (sans parler de la posture). Le reste des aliens n’est pas en reste.

Mon passage préféré est encore celui où le Doctor sort ses Atmospheric Density Jackets (de magnifiques coupe-vent censés protéger des effets d'une atmosphère trop pauvre en oxygène) pour se balader dehors dans une atmosphère appauvri, comme pour donner un côté plus réaliste que « le TARDIS nous protège ». Ils les abandonnent assez vite ceci-dit…

Ceci dit l’intrigue est assez intéressante, bien qu’un peu longuette.


6. The Crusade (4 épisodes, 2 & 4 manquants)


Nouvel épisode historique, cette fois-ci à l’époque des croisades, choix très intéressant vu qu’il permet de croiser Richard Cœur de Lion et Saladin. Deux épisodes sont manquants, du coup j’ai regardé les reconstitutions, ça se laisse regarder en fait (même si ce n’est pas forcément passionnant).

Comme toujours les épisodes en costume sont délicieux (et je suis à peu près sûr que l’acteur qui joue Saladin porte trois couches de fond de teint pour le faire ressembler à un arabe), bien qu’on reste dans une veine « n’influençons pas l’histoire ».

On trouve quelques clichés très « film médiéval », puisque Ian finit par être sacré chevalier, et Barbara se fait bien évidemment enlevée dans les premières minutes pour mieux finir dans un harem. Ceci dit lorsque Ian arrive pour la libérer, elle a déjà fait tout le travail toute seule, sacrée Barbara !


7. The Space Museum (4 épisodes)


Cet épisode est très bizarre, car le premier épisode était plein de promesses d’une histoire pleine de timey-wimey assez exceptionnel… ce qui n’arrive jamais dans les 3 autres parties. Nos héros se retrouvent bizarrement « hors du temps » alors qu’ils atterrissent sur une planète qui abrite un immense musée.

Personne ne les voit, un verre qui se brise et se reconstitue, ils changent de vêtements sans s’en apercevoir… ils ont « sauté une piste » pour citer le Doctor. Se découvrant empaillés dans des vitrines du musée lors de leur exploration, il va falloir qu’ils échappent à ce terrifiant futur qui les attend.

On dirait un scénario de Moffat ou de RTD comme ça, mais la suite est bien plus raplapla avec des courses poursuites dans les couloirs, au milieu d’une lutte entre les Moroks (qui ont tous la coupe de cheveux de M) et les Xerons (aux sourcils très développés).

Il y a quelques passages rigolos (surtout avec le Doctor qui se planque dans un Dalek, puis se joue du directeur du musée qui essaye de l’interroger, mais il y avait moyen de faire quelque chose de tellement mieux sur le sujet…


8. The Chase (6 episodes)


Et voilà nos Daleks de retour, bien décidés à se venger du Doctor qui a bouleversé leurs plans sur Terre. Ils ont donc construit une machine à voyager dans le temps et le poursuivent à travers les époques (et l’espace). Ca donne une histoire un peu inégale, avec une course poursuite bien rigolote (avec un petit passage à New York), mais la confrontation finale n’est pas très trépidante.

Il y a quand même des petits détails qui valent la peine d’être relevés : une télé qui permet de regarder d’autres époques (notamment Shakespeare) ; le Doctor et Barbara qui prennent un bain de soleil pendant que Ian et Vicki se baladent ; l’art de se débarrasser des Daleks avec des trous recouverts de branchages (véridique !) ; le mystère du Mary Celeste éclairci.

Je ne parlerais pas des champignons maléfiques de la dernière planète (à côté les Zarbi c’est de la gnognotte), mais la fin du dernier épisode est par contre assez émouvant, puisque Barbara et Ian repartent à leur époque grâce à la machine des Daleks.

J’étais très triste de les voir partir (surtout Barbara qui est assez excellente, à part Donna qui partage certains traits de caractère je doute qu’elle n’ait jamais eu un équivalent), et la réaction du Doctor à leur départ (une explosion de colère) est plus touchante que lors du départ de Susan. Heureusement, on les voit très contents de retrouver Londres à la fin, ça réchauffe le cœur !


9. The Time Meddler (4 episodes)


Et voilà déjà la dernière histoire de cette saison, qui nous emmène en Angleterre juste avant l’arrivée de Guillaume le Conquérant. Ce que devine le Doctor en trouvant un casque à cornes sur la plage, c’est forcément des vikings !

Stephen (un gars ramassé à l’épisode précédent) semble bien parti pour combler le vide laissé par Ian et Barbara, mais fait pour le moment son St Thomas et refuse de croire au voyage dans le temps. Pendant ce temps, le Doctor s’intéresse à un mystérieux moine qui s’est installé dans les parages.

Ce moine s’avère en vérité être un Time Lord (même s’il n’est jamais nommé en tant que tel), connu du Doctor, qui s’amuse à réécrire l’histoire pour que Shakespeare écrive ses pièces pour la télévision. Le fait qu’il connaisse le Doctor visiblement, et leur façon de s’affronter, tout cela fait qu’il est très difficile de ne pas penser au Master. Le passage où on découvre son TARDIS a d’ailleurs son petit effet…

Ceci dit il perd un peu en crédibilité, à l’époque les génies du mal mégalomaniaques tenaient des listes pour leurs plans… dans le genre détail qui tue :


Mais tout de même, on sent l’univers qui se met en place petit à petit, et William Hartnell est assez exceptionnel dans son rôle de vieux fou prompt à se mettre en colère et à rire. Maintenant je n’ai plus qu’à attaquer la saison 3 !

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