jeudi 20 avril 2017

Doctor Who 10x01 – The Pilot


Après une (trop) longue année d’interruption, Doctor Who est de retour à la télévision. J’en suis comme vous vous en doutez ravie, bien qu’un peu mélancolique par avance : cette dixième saison est la dernière pour Steven Moffat comme pour Peter Capaldi, c’est un peu la fin d’une ère, ce qui comme toujours est à la fois un bien et un mal. Mais il est encore trop tôt pour faire des pronostics pour la suite, alors penchons-nous plutôt sur cet épisode, tout en spoiler bien sûr !


A la fin de la saison 9, nous avions laissé le Doctor bien solitaire après le départ de Clara (dont il a oublié l’existence) et sa dernière rencontre avec River Song (qui a passé sa dernière soirée avec lui). Il a depuis fait alliance avec Nardole, un ancien compagnon de River Song.

Pour cette nouvelle saison nous le retrouvons professeur dans une université. Pour une fois il ne semble pas occupé à enquêter sur une quelconque invasion alien vu qu’il est là depuis 70 ans. C’est assez étrange de le trouver aussi posé, en même temps cela fait ressortir son côté « grand-père », c’est une facette moins mise en avant du personnage. Il est occupé à garder quelque chose… jusqu’à qu’une rencontre avec la pétillante Bill Potts vienne mettre un peu de nouveauté dans son quotidien.


Nous voilà donc partie pour un traditionnel épisode d’introduction d’un nouveau compagnon, l’occasion donc de réviser les bases de la série. D’où d’ailleurs un titre à double sens plutôt bien trouvé, avec son « pilote » qui fait autant référence au « monstre de la semaine » qu’au premier épisode d’une série télé réalisé pour vendre la série à un diffuseur.

L’exercice pourrait être fastidieux, mais Moffat s’en sort à merveille : The Pilot contient tous les éléments nécessaires pour commencer la série comme si on ne l’avait jamais vu, mais s’amuse à introduire les clichés à sa façon sans oublier quelques jolies références, comme les photos sur le bureau :


Si River Song est facile à reconnaître, la jeune fille en noir et blanc l’est un peu moins. Il s’agit de Susan, petite fille du Doctor et première de ses compagnes de voyage. Le Doctor l’a abandonné assez tôt sur Terre pour qu’elle puisse filer le parfait amour avec un charmant humain et l’a un peu oublié depuis, mais son nom ressort tout de même occasionnellement (et je n’ose imaginer la tarte qu’elle va coller à son grand-père lorsqu’ils se recroiseront).

Fermons la parenthèse références pour nous pencher sur la nouvelle héroïne de la série, Bill Potts. Elle sort un peu du même moule que Rose Tyler, avec son travail pas très exaltant et son petit train-train quotidien, mais se distingue par sa curiosité et son incroyable peps.


Dès sa première apparition, je l’ai adorée. Elle est vive, charmante, avec un joli sens de la réplique et une belle sensibilité. Elle n’a pas (pour le moment) l’autoritarisme de Clara qui finissait par devenir usant et je trouve qu’elle apporte un chouette vent de fraîcheur.

Accessoirement comme elle préfère les filles, elle devrait nous éviter l’habituelle histoire impossible avec le Doctor qui est un écueil presque inévitable de toutes les saisons et qui est un archétype usé jusqu’à la trame. D’ailleurs j’aime bien le fait que leur rencontre se construise à l’origine sur une relation enseignant/étudiant plutôt que sur une rencontre improbable.
- Why do you keep coming to my lectures ?
- Because I like them. Everybody likes them, they're amazing. Why me ?
- Why you what ?
- Plenty of people come to your lectures that aren't supposed to. Why pick on me ?
- Well, I noticed you.
- Yeah, but why ?
- Well, most people when don't understand something, they frown. You... smile.

Ce qui est chouette dans cet épisode, c’est que le mystère alien au cœur de l’épisode mêle habilement l’effrayant (on sursaute une ou deux fois) et l’humain, dans son commencement comme dans son dénouement. Et du coup rétrospectivement on se rend compte qu’il s’agit d’une histoire gentillette où personne ne meurt (sauf quelques figurants lors du passage avec les Daleks !).

L’épisode déborde d’ailleurs de très jolies scènes très humaines, comme le passage de Noël où Bill offre un tapis au Doctor, qui lui offre en retour des photos de sa mère qu’elle n’a pas connue (il y a peut-être un mystère là-derrière, on verra bien). Cette alliance subtile des genres et des registres me rappelle pourquoi j’adore cette série qui sait émerveiller et émouvoir en même temps.


Après une petite course-poursuite sympathique à travers le temps et l’espace, l’affaire se résout… par la parole (un pur épisode de Doctor Who). On découvre en passant que Bill sait se défendre verbalement, notamment lorsqu’elle réussit à convaincre le Doctor de ne pas lui effacer la mémoire (avec un joli travail sur la musique quand le thème de Clara s’invite dans la séquence).

Il n’en faut pas plus pour convaincre le Doctor de rempiler dans l’aventure. Il abandonne le mystérieux « vault » qu’il avait promis de garder pour partir à l’aventure avec Bill. Que contient ce coffre, à qui avait-il promis de le garder, voilà quelques questions qui pourraient être le fil rouge de cette saison, à moins que les origines de Bill interviennent également (j’ai déjà vu quelques théories sur Internet à ce sujet).



Voilà pour ce chouette épisode de reprise qui nous remet doucement dans le bain tout en introduisant une compagne qui promet. L’intrigue ne casse certes pas trois pattes à un canard mais The Pilot déborde de chouettes petits moments. Peter Capaldi est comme toujours au top, et il forme un joli trio avec Matt Lucas dans le rôle de Nardole et Pearl Mackie très convaincante dans le rôle de Bill. Affaire à suivre la semaine prochaine, j’en salive d’avance !

D’autres avis : Smallthings, Yoda Bor, Zakath Nath

lundi 17 avril 2017

Westworld – Saison 1


A force d’en entendre parler comme étant le nouveau « Game of Thrones », j’ai eu envie de faire connaissance avec la nouvelle série HBO, Westworld. Tirant son histoire d’un film de Michael Crichton, cette série à l’univers très particulier a été très plaisante à découvrir. Avis garanti sans spoiler (et ce n'était pas facile).


Westworld est un parc d’attraction thématique et futuriste sur la conquête de l’Ouest. Pour les visiteurs qui le fréquentent, il est possible de vivre de grandes aventures et d’assouvir tous les désirs grâce à une foule de robots humanoïdes qui peuplent l’endroit. En lui-même, le mélange de SF et de western est fort savoureux.

Dans cet univers étrange et complexe (il faut quelques épisodes pour commencer à s’y sentir à l’aise, et encore on se pose toujours autant de questions) se développe lentement une intrigue qui aborde notamment la question de l’intelligence artificielle.

Je n’en dirais pas plus pour vous laisser le plaisir de la découverte. Westworld est une série qui surprend par son univers mais aussi dans sa narration, et je m’en voudrais de vous gâcher ça (je suis bien contente pour ma part d’avoir évité tous les spoilers avant de la regarder).


Ce que j’ai aimé dans Westworld, c’est que c’est une série exigeante : l’univers n’est pas simple, et l’intrigue pose souvent plus de questions qu’elle ne donne de réponses. L’ensemble nécessite d’être attentif, tout cela en trouvant le juste équilibre entre divertissement et réflexion.

Bien sûr tout n’est pas parfait. Le rythme est assez lent et les personnages suscitent peu d’empathie au début, mais cela va en s’améliorant au fur et à mesure que l’on avance dans les épisodes et que l’on en découvre plus à leur sujet.

L’univers est également vraiment chouette et la série est bien peaufinée : les visuels sont superbes et le casting très réussi (Anthony Hopkins et Ed Harris sont excellents pour citer les plus célèbres, mais le reste des personnages l’est tout autant). J’ai aussi beaucoup apprécié la bande son qui s’amuse à reprendre au piano ou à l’orchestre des chansons tout ce qu’il y a plus modernes.


Bref Westworld est une série étonnante qui montre à quel point le monde de séries a pu évoluer ces dernières années. Il y a désormais des chaînes qui osent financer des séries ambitieuses comme celles-ci, et les téléspectateurs sont au rendez-vous ! J’attends d’ailleurs avec impatience la saison 2 afin de continuer à explorer cet univers.

Note de fin : Pour info le qualitificatif « nouveau Game of Thrones » fonctionne surtout si on considère les critères HBO (à savoir sexe et violence, plus une certaine tendance à jouer sur des retournements de situation). Pour le reste il y a à peu près autant de points communs entre les deux séries qu’entre House of Cards et Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire !

D’autres avis : comme il est difficile d’en trouver sans spoiler, je préfère ne mettre aucun lien. A la place vous pouvez regarder le très beau générique, ça vous donnera sûrement autant envie de regarder la série !


lundi 10 avril 2017

Un pont sur la brume – Kij Johnson


Alors que j’ai parfois l’impression de voir les rayons SF des librairies envahis par des énormes volumes difficiles à manipuler et des cycles à rallonge qui n’en finissent pas, je suis vraiment ravie de voir certains éditeurs comme Le Bélial’ oser le format court. Ce cinquième volume de la collection Une heure-lumière est en effet une lecture agréable et rafraichissante, comme tous les titres que j’ai pu lire auparavant dans cette collection d’ailleurs.

Contrairement aux précédents textes, Un pont sur la brume de Kij Johnson ne relève cependant pas de la SF mais de la fantasy. Cette novella nous emmène en effet dans un univers où un empire est séparé en deux par un fleuve de brume dont la traversée est risquée, voire souvent mortelle. L’histoire suit les pas de Kit Meinem est un architecte chargé de construire un pont qui reliera les deux rives.

J’ai beaucoup aimé ce texte qui parle de construction de multiples façons : il y a bien sûr la construction du pont en elle-même qui est fascinante, mais l’auteur parle aussi de la construction à un niveau social et mental : l’histoire évoque également la façon dont on se construit au fur et à mesure de nos expériences et la manière dont on tisse une relation avec quelqu’un.

La quatrième couverture qui parle d’une « aventure humaine » a bien résumé cette histoire qui ne suscite peut-être pas le même sense of wonder que certains textes de SF (quoique la traversée du pont reste impressionnante) mais qui est touchante et très juste dans sa façon de parler des gens.

Un pont sur la brume est donc un très joli texte qui se lit avec grand plaisir, et qui prouve qu’on n’a pas besoin de 600 pages pour écrire une belle histoire de fantasy. Une semaine après, je repense encore à cette lecture avec le sourire. Voilà qui donne envie de lire d’autres textes de Kij Johnson un jour.

D’autres avis : Apophis, BlackWolf, Lorhkan, Lutin82, Nebal, Shaya, Xapur, Yogo

vendredi 7 avril 2017

Recueil factice – Mars 2017

Pas de travaux ce mois-ci, j’étais bien trop occupée comme en témoigne ce bilan fort dense (et encore, j’ai reporté certains articles à avril). Petit à petit, ma PàL se rapproche de la barre symbolique des vingt livres, mais c’est un peu mon rocher de Sisyphe à moi, des livres apparaissent par magie dès que je suis sur le point d’y arriver !



LIVRES


6 mois n°13, printemps/été 2017 : Des bêtes et des hommes (magazine)
Comme toujours ce mook est une excellente lecture qui permet de profiter d'excellents reportages photographiques sur des sujets inattendus, avec un sacré apport documentaire. Dans ce numéro j'ai autant été touchée par le triptyque sur les animaux (de l'élevage d'animaux à fourrure à la sauvegarde des grands singes et des pandas) que les reportages sur les hommes. C'est une belle revue à lire, aussi enrichissante que dépaysante.

Dimension Merveilleux scientifique (anthologie)
Une anthologie sympathique pour les amateurs du genre – Chronique complète

La servante écarlate – Margaret Atwood
Une dystopie glaçante sur les droits des femmes – Chronique complète

Tout l’art de Neil Gaiman – Hayley Campbell
Un beau livre pour les fans de l’auteur – Chronique complète

Légende – David Gemmell
Un roman un peu trop brut à mon goût mais avec un guerrier, un vrai ! – Chronique complète

Les abîmes d’Autremer – Danielle Martinigol
Une sympathique trilogie de space-opera pour la jeunesse – Chronique complète

Le choix – Paul J. McAuley
Une très jolie novella avec un thème tout simple et un univers très riche – Chronique complète

Dragonhaven – Robin McKinley
Une chouette variation sur l’élevage de dragons à l’univers bien pensé mais dont la guimauve finale gâche un peu l’impression – Chronique complète

Abattoir 5 – Kurt Vonnegut
Un roman très étranger à la fois tarabiscoté et facile à lire – Chronique complète



FILMS


Blade Runner – Ridley Scott
Un classique de la SF à l’esthétique toujours aussi étonnante – Chronique complète

Le Docteur Jivago – David Lean
Toujours dans la série « rattrapons nos classiques », Le Docteur Jivago est un très beau film qui permet de revivre la révolution russe. Le rythme est tranquille, l’histoire très simple et le résultat absolument charmant notamment grâce à des images superbes à tout point de vue (couleurs, lumière…).

Ghost in the shell (1995) – Mamoru Oshii
Pour le plaisir de le comparer avec la nouvelle mouture qui vient de sortir, j'ai revu cet anime plus tout jeune qui semble avoir beaucoup emprunté à Blade Runner (entre autres choses). J'avais quasiment tout oublié de l'intrigue et de l'univers mais je suis vite retombée sous le charme de ce film d'animation presque trop court (1h20 à peine) mais qui prend le temps de poser son univers et d'en mettre plein les yeux. A noter que la VF bénéficie d'un doublage aux petits oignons, l'héroïne est doublée par la voix française de Sigourney Weaver, ça pose tout de suite le personnage !

Lego Batman, le film – Chris McKay
Après un premier film Lego plutôt sympathique, l'aventure se poursuit avec une sorte de spin-off dédié uniquement à l'univers de Batman (ou presque). C'est plutôt sympathique à regarder et il y a de très bonnes trouvailles, cependant le rythme survolté du film gâche un peu l'ensemble. A vouloir trop en mettre et trop en faire, on finit un peu noyé. Pour ma part j'ai passé un bon moment en allant voir ce film dans un cinéma à dix minutes à pied avec une place à 6 euros. J'aurais sans doute fait un peu la gueule si j'avais dû faire une heure de transport et payer 10 euros pour le voir !

Lucy – Luc Besson
Lucy est le genre de film que j'aurais adoré détester pour son manque flagrant de subtilité et ses gros sabots. Mais sans aller jusqu'à vraiment l'apprécier, j'ai trouvé que c'était un bon film de dimanche soir pas prise de tête, visuellement sympa avec quelques chouettes idées (notamment l'inversion absurde des rôles qui fait que l'héroïne se balade avec un flic qui a vraiment un côté faire-valoir).

Logan – James Mangold
Cette dernière histoire de Wolverine est sans doute le plus atypique des films de super-héros sortis ces derniers temps : très brut, centré sur l'action et la violence mais pas sur les explosions (aucune ville n'a été rasée dans ce film), avec des personnages bien amochés par la vie. Une chouette porte de sortie pour Hugh Jackman et Patrick Stewart, une étonnante réflexion sur la vieillesse des super-héros, et une jeune héroïne étonnante malgré ses rares lignes de dialogue. Un film plutôt remarquable qui sort clairement du lot !

Paula – Christian Schwochow
Après avoir découvert l’an dernier les œuvres étonnantes de Paula Modersohn-Becker, je me suis assez logiquement intéressée à Paula, son biopic sorti dernièrement. Celui-ci s’est révélé très classique dans sa facture, et un peu trop mélodramatique à mon goût. Mais il offre également de belles images et l’occasion de faire la connaissance avec une artiste étonnante. De plus, il pose plein de question sur la place des femmes, surtout à une époque où on considérait qu'elles ne pouvaient pas devenir peintres et qu'on devait les interner si elles avaient le malheur de ne pas rentrer dans le rang. Une jolie découverte donc, que je pense compléter avec la biographie écrite par Marie Darrieussecq

La Planète des singes – Franklin J. Schaffner
Un autre classique très percutant dans les idées qu’il évoque – Chronique complète

Soleil vert – Richard Fleischer
Un dernier classique pour la route qui déploie un univers glaçant qui nous reste en tête – Chronique complète



SÉRIES


Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire – Saison 1
Une excellente adaptation très fidèle dans l'esprit et visuellement épatante - Chronique complète

House of Cards – Saison 4
En prévision de l’arrivée prochaine de la saison 5, j’ai repris la route avec Frank Underwood en route pour l'élection présidentielle alors que sa femme décide de prendre son indépendance. L'histoire a vite fait de prendre un tour inattendu et je dois avouer que je me suis régalée à suivre les mésaventures du couple le plus machiavélique de tous les temps (d’autant plus en suivant en parallèle les déboires de nos propres élections !). Une série toujours aussi délectable, qui a de plus le mérite de proposer d’étonnants personnages féminins qui en voleraient presque la vedette au rôle-titre.



SORTIES


Legitimus incognitus (spectacle)
Ce one-man-show est plutôt sympathique grâce à un Pascal Legitimus en grande forme et quelques sacrés moments d'anthologie (mon préféré restera le moment « et si les hommes étaient enceintes ? »). Méfiez-vous par contre si vous n’êtes pas trop « jeux de mots », le rythme est tellement rapide qu’on a parfois à peine le temps de les saisir.



JEUX VIDÉO

Après avoir recommencé le premier Mass Effect (d’ailleurs je crois que j’ai laissé Shepard en plan en plein sauvetage de la galaxie), j’ai replongé dans Knights of the old republic premier du nom parce que les sabres-lasers c’est rigolo. Oui quand je manque de temps je préfère revisiter les classiques, c’est plus facile de les laisser en plan !



PROGRAMME D’AVRIL

Côté livres, je devrais vous parler de Un pont sur la brume de Kij Johnson et de Montréel de Eric Gauthier (lecture en cours). Et il me semble que je suis censée reprendre la lecture de La tour sombre accessoirement…

Côté films, je pense aller jeter un œil à Ghost in the Shell nouvelle mouture et au 2ème Gardiens de la galaxie à la fin du mois.

Côté séries, Westworld que je suis en train de terminer devrait faire l’objet d’une chronique. En parallèle je continue les séries en cours (The Expanse, The Big Bang Theory et Broadchurch) en attendant la reprise de Doctor Who (enfin !).

Côté jeux vidéo, assez bizarrement je ne me suis jetée ni sur Mass Effect Andromeda, ni sur Torment : Tides of Numenera (vu les avis mitigés je préfère attendre qu’ils soient moins chers). Je compte bien me jeter par contre sur la nouvelle extansion d’Hearthstone, Voyage au centre d’Un’Goro (avec plein de dinosaures, hiiiiiiii !) et sur Planescape Torment : Enhanced Edition (parce que c’est mon jeu favori de tous les temps et que ça me plairait bien d’y rejouer sur un PC récent sans passer 4h à paramétrer le machin). Si ce blog devient soudainement inactif, vous saurez pourquoi !

mardi 4 avril 2017

Dragonhaven – Robin McKinley


Après être tombée à case de sa superbe couverture sous le charme du roman Belle, une sympathique réécriture du conte d’origine, je me suis laissée tentée une fois de plus par un roman de Robin McKinley. J’ai succombé cette fois-ci à Dragonhaven à cause de sa couverture trop mignonne. L’histoire de dragon qu’elle dissimule ne révolutionne certes en rien le genre mais elle se révèle néanmoins très plaisante à lire.

Aux Etats-Unis, le parc naturel de Smokehill est un des derniers endroits au monde où l’on peut trouver des dragons en liberté. Pour les touristes de passage, la visite se limite à un petit tour en car et à quelques espèces apparentées au dragon présentées dans leur cage. Pour Jake, le fils du directeur du parc, les dragons sont son sujet d’étude favori et il compte bien leur consacrer la vie. Il n’avait sans doute pas prévu de s’y mettre aussi tôt…

Dragonhaven nous raconte donc l’histoire très classique de la rencontre entre un adolescent et un dragon et du lien extraordinaire qu’ils développent. On pourrait penser le concept usé jusqu’à la corde mais Robin McKinley vend bien son affaire grâce à quelques originalités.

D’abord il faut signaler l’histoire opte pour une approche rationnelle des dragons, avec tout ce que ça peut impliquer de contexte scientifique (habitat, mode de reproduction, évolution des espèces). Il y a une vraie rigueur et une vraie inventivité dans les idées développées autour des dragons, c’est vraiment sympathique à découvrir.

L’autre atout de Dragonhaven, c’est d’avoir bien pris en compte du caractère difficile et peu glamour de la cohabitation avec un jeune dragon. J’ai admiré le courage de Jake qui est certes aidé dans ses tâches mais qui morfle quand même quand il se retrouve « père » aussi tôt.

Du coup si on passe outre le fait qu’on lit un récit à la première personne écrit par un ado de quinze ans, ce roman est une chouette occasion de rencontrer des dragons dans un univers plutôt bien construit et cohérent.

Dragonhaven est censé relever du young adult, mais je n’y ai guère prêté jamais prêté attention à la lecture… sauf pour l’épilogue qui venu gâcher une très bonne impression de lecture avec ses trente pages sirupeuses de happy-ending qui n’étaient pas forcément nécessaires pour conclure l’histoire.

Mis à part cette fausse note finale, Dragonhaven est une lecture sympathique à recommander à tous les amateurs de dragons. C’est un joli roman qui ne prend pas les ados pour les idiots, et qui s’apprécie plutôt bien avec un regard d’adulte (sauf peut-être à la fin !).

D’autres avis : Visiblement peu de personnes sont revenues du parc de Smokehill, je vous renvoie donc chez Elbakin et sur Babelio.

samedi 1 avril 2017

Légende – David Gemmell


Bien que j’aie jadis lorgné sur le cycle du Lion de Macédoine, je n’avais jamais lu un seul texte de David Gemmell. Alys m’a donc aidé à combler ce manque à ma culture en m’offrant Légende, son premier roman. Je me suis donc plongée dans cette histoire épique pas complètement à mon goût mais néanmoins intéressante sur certains points.

Légende, c’est l’histoire de Dros Delnoch, une ville sur le point d’être attaqué par l’immense armée nadir. Les chiffres ne penchent pas vraiment en faveur de la ville qui ne compte que quelques milliers de combattants, mais heureusement on trouve parmi eux Druss, un guerrier talentueux qui a survécu à tout, une légende dont l’aura seule suffit à regonfler le moral des troupes.

Comme le résumé vous vend du grand héros dès la quatrième de couverture, j’avoue avoir été un peu déçue que le roman commence sur deux personnages un peu « quelconques », un ancien soldat pétri de doutes et une femme guerrière dont la rencontre flirte presque avec le roman sentimental.

Et puis Druss est entré en scène. Je suis loin d’avoir été conquise par ce roman, mais Druss, je l’ai adoré. C’est une sorte de Conan le barbare sur le tard, un vieillard en grand forme qui sait encore jouer de la hache et dont les répliques sont très efficaces en dépit d’un côté parfois un peu cliché.

J’ai aimé voir ce personnage se mettre en route, arriver en ville, organiser la défense et entrainer des troupes à sa façon de manière à transformer les infimes chance de survie en maigres chances. Il n’y a pas dire, Druss, il a la classe.

J’ai un peu moins accroché au reste du casting. A l’exception du grand méchant, Ulrich, qui a également une belle aura, je suis passée à côté de pas mal de personnages secondaires auxquels j’ai eu bien du mal à m’attacher (qu’il s’agisse de Rek, Virae ou des moines guerriers).

J’ai également trouvé que l’intrigue s’étirait un peu inutilement au début (260 pages avant le début du siège à proprement parler) et reposait un peu trop sur les deus ex-machina sur la fin pour convaincre vraiment.

Cependant, aussi critique que je sois sur plusieurs points, cela ne m’a jamais empêché d’avancer grâce à une écriture efficace qui donne toujours envie d’avancer. Et l’avantage c’est que même quand on a l’impression qu’il ne se passe rien, on se rend compte qu’on a déjà lu 100 pages ! J’ai sans doute découvert ce roman un peu tard dans mon parcours de lectrice. Adolescente, j’aurais sans doute adoré !

Voilà donc pour cette découverte de David Gemmell. Légende est un roman qui sera apprécié par tous les amateurs de grandes batailles pleines de héros, à condition qu’ils ne soient pas trop tatillons comme moi. Pour ma part je ne suis qu’à moitié convaincue, mais il n’est pas dit que je ne relise jamais rien de cet auteur. Ses fantasy historiques sur Troie et la Macédoine me font de l’œil, notamment.

D'autres avis :
BlackWolf, Bouchon des bois, If is Dead, Julien le naufragé, Lorhkan, Nebal, Xapur


mercredi 29 mars 2017

Tout l’art de Neil Gaiman – Hayley Campbell


Neil Gaiman occupe une place prépondérante sur ce blog (et dans mon panthéon personnel en passant), vous avez sûrement eu l’occasion de le remarquer. Il était donc assez logique que je trouve le moyen de me faire offrir Tout l’art de Neil Gaiman, un beau livre qui retrace son parcours on ne peut plus éclectique.

Bien sûr cela peut sembler un peu étrange de se lancer dans la rétrospective d’une carrière d’auteur qui est loin d’être terminée (comme en témoigne les millions de projets en sommeil évoqués entre ces pages, et tous ceux dont le livre ne parle pas mais qui se sont concrétisés depuis). Mais sachant que le sieur dictait déjà des poèmes à sa maman avant même de savoir écrire, il y a de quoi remplir un livre !

Rassurez-vous, les anecdotes sur son enfance restent assez peu nombreuses. Tout l’art de Neil Gaiman n’a bien de la biographie mise en scène, c’est plutôt une sorte de bibliographie commentée qui permet de découvrir les débuts en écriture de Neil Gaiman (il a commencé par écrire pour des magazines coquins) et de faire le tour d’une œuvre on ne peut plus éclectique (romans, comics, films, etc.).

A moitié chronologique, à moitié thématique, l’ouvrage est une mine d’informations et d’anecdotes sur le contexte de création de chacune de ses œuvres. C’est assez intéressant de voir comment il a fait son trou dans le milieu, ou encore de découvrir le nombre de projets en sommeil que Gaiman a dans ses placards (notamment des suites de presque tous ses romans !).

Intéressant dans son contenu, Tout l’art de Neil Gaiman est également un fort joli ouvrage abondamment illustré par les archives de l’auteur (y compris des notes manuscrites pas faciles à décrypter). C’est un régal pour les yeux à quelques détails de mise en page près.

Si vous vous contentez de feuilleter le livre vous n’aurez aucun souci, mais j’ai pour ma part trouvé les pages imprimées sur fond noir absolument illisibles à la lumière d’une lampe de chevet. Et je n’aurais pas craché sur une police d’écriture un peu plus grande, surtout pour la bibliographie qui nécessite une loupe pour se plonger dedans (je soupçonne l’éditeur français d’avoir tassé le texte pour que tout rentre).

Cela reste néanmoins un très beau livre à offrir à tout fan de l’auteur, une belle occasion d’en apprendre plus sur ses œuvres phares et de découvrir des créations moins connues tout en profitant de sympathiques documents d’archives.

Quant à moi, je peux désormais remettre dans leur contexte toutes les bizarreries que j’avais pu récupérer dans un Humble Bundle spécial Neil Gaiman. Je vais peut-être pouvoir les lire maintenant ! (enfin… peut-être pas la biographie de Duran Duran, faut pas pousser non plus…)

D’autres avis : Daily Mars, Elbakin

dimanche 26 mars 2017

Le choix – Paul J. McAuley


De Paul J. McAuley je ne connaissais qu’une seule œuvre : Les conjurés de Florence, un roman brillant dans ses idées (Léonard de Vinci qui initie la révolution industrielle) mais qui ne m’avait pas vraiment convaincu sur la forme. La parution d’une novella, Le choix, a donc l’occasion pour moi de découvrir une autre facette de son œuvre, dans une veine résolument différente.

Dans un futur non daté, le réchauffement climatique a considérablement modifié la vie sur Terre. L’arrivée d’extraterrestres a donné aux terriens les moyens de de partir vers les étoiles, mais tous n’en profitent pas. C’est le cas par exemple de Lucas et Damian, deux jeunes adultes qui partent à l’aventure pour voir un « dragon » (en fait une créature extraterrestre) échoué à proximité de chez eux.

Je n’en dirais pas plus sous peine de vous raconter toute l’histoire, étant donné que Le choix est une novella d’à peine 80 pages. Sachez cependant que cette courte taille est largement suffisante pour que l’auteur ait le temps de présenter un univers très détaillé.

Ce monde très riche est déjà un atout, mais c’est surtout le décor d’une très jolie histoire presque universelle qui nous parle avant tout d’amitié et des choix que l’on fait dans la vie (oui le titre est vraiment adapté, de même que la couverture d’ailleurs !).

J’ai donc beaucoup aimé suivre les aventures de ces deux jeunes adultes qui rêvent de se sortir de leur vie de misère, autant pour l’univers déployé que pour la justesse des propos. Une belle découverte qui m’a donné envie de lire d’autres choses de cet auteur (notamment ses autres histoires se déroulant dans cet univers).

D'autres avis : BlackWolf, Efelle, Lorhkan, Lune, Nebal, Yogo

jeudi 23 mars 2017

Abattoir 5 – Kurt Vonnegut


Abattoir 5 fait partie de ces romans dont je croisais de temps à autre la référence sans avoir la moindre idée de quoi il parlait. Comme M. Vert l’a acheté, il est donc arrivé dans ma PàL sans plus d’information qu’un « c’est bizarre », je l’ai donc ouvert avec circonspection pour découvrir que c’était certes un texte bizarre, mais également un roman vraiment étonnant.

De quoi parle donc Abattoir 5 ? La couverture de cette édition peut vous donner indice avec son bombardier : oui Abattoir 5 parle de la Seconde guerre mondiale ; plus spécifiquement de la fin de celle-ci ; plus particulièrement du bombardement de la ville de Dresde.

Son but n’est cependant pas de faire dans le témoignage ou la reconstitution (bien que le roman soit inspiré de la propre expérience de l’auteur). Abattoir 5 nous parle surtout à travers cet exemple de l’horreur de la guerre et des traumatismes qu’elle engendre, entre autres choses.

Après avoir passé la page de titre assez décalée qui n’en finit pas de sous-titrer son propos (avec justesse ceci dit, je recommande de la relire après avoir terminé le roman !), j’ai eu un peu peur de m’embarquer dans une histoire difficile et complexe.

Il n’en est rien, Abattoir 5 est un roman étonnamment facile à suivre malgré une écriture assez tarabiscotée. Pas mal pour un roman qui a pour héros un homme qui ne cesse de voyager dans sa propre histoire (lorsqu’il n’est pas enlevé par les extraterrestres). Je vous laisse imaginer le casse-tête narratif que cela peut être !

Et pourtant ce roman est d’une fluidité sans pareil. Plus surprenant encore, le ton est souvent léger et presque humoristique alors qu’on serait en droit de s’attendre au contraire. Bien sûr il y a des moments dramatiques mais l’ensemble se lit avec aisance et se révèle fascinant.

J’ai vraiment adoré lire Abattoir 5 à cause de cela : sur le plan narratif c’est un texte aussi étonnant que génial. J’ai apprécié le fait qu’il se situe à la croisée des genres : je trouverais dommage de le classer en SF à cause des aliens (et d’ailleurs il n’est plus édité dans une collection de SF et je trouve ça pas plus mal).

Je dois cependant avouer que je l’ai terminé avec l’impression de n’avoir pas tout saisi et d’être passée à côté de plein de choses. J’ai glané quelques éléments de compréhension dans la préface et sur Internet, mais je pense que c’est un roman que je relirais dans quelques années afin de mieux le comprendre. Ainsi vont les choses.

D'autres avis : Nebal, Cachou, Charybde (qui confirme qu'il faut le lire une 2e fois !)

lundi 20 mars 2017

Un Blade runner sous un soleil vert sur la planète des singes…

Ce mois-ci, j’ai profité du cycle Chic Planète au Forum des images pour revoir quelques vieux classiques de la SF sur grand écran. Histoire de ne pas trop encombrer mon recueil factice en fin de mois, voici le compte rendu de mes visionnages. Je suis bien contente de cette opportunité et je vais sans doute garder l’œil sur la programmation du Forum des images (même si beaucoup de séances en journée sont difficilement accessibles).




La Planète des singes – Franklin J. Schaffner (1967)

Pour ceux qui n’auraient jamais entendu parler de ce film et de ses nombreuses suites/prequels/reboots/versions alternatives, La planète des singes raconte l’arrivée d’un vaisseau spatial humain sur un monde extraterrestre où l’on trouve des hommes et des singes… à ceci près que ce sont les singes qui dominent l’homme, et non l’inverse. Il est adapté d’un roman de Pierre Boulle (un Français, cocorico !)

Lorsque j’ai vu ce film pour la première fois à la télévision, ça a été une authentique claque (pour la fin, certes, mais pas que). Du coup j’avais très envie de le voir sur grand écran, histoire de le redécouvrir et de me mettre dans la peau des gens qui l’ont vu au cinéma lors de sa sortie.

Cette séance a été un vrai plaisir. Même s’il n’y a pas forcément de séquences très impressionnantes qui justifieraient un visionnage sur grand écran (comparé à nos standards actuels), on savoure bien mieux l’intrigue dans une salle de cinéma où l’on n’est pas distrait par son téléphone ou sa tablette. On profite également mieux des paysages et de l’excellente BO de Jerry Goldsmith (que j’avais déjà entendue en concert mais qui est encore plus impressionnante lorsqu’on remet des images dessus).

Je dois avouer que j’ai trouvé le personnage incarné par Charlton Heston un peu exaspérant (heureusement qu'il perd sa voix pendant une partie de l'histoire) et que j’ai soupiré intérieurement face aux rôles féminins inexistants (heureusement qu'il y a Zira).

Cependant ce film reste très fort dans sa façon d’échanger les rôles entre hommes et singes. Cinquante ans après, c'est un film qui conserve son intérêt lorsqu’il nous interroge sur la façon dont on traite les animaux (ou les hommes jugés « inférieurs » dans notre passé) et sur l'opposition entre science et religion. La fin est percutante, bien sûr, mais le reste du film l’est tout autant. Et ce qui est chouette avec ces films sans images de synthèse, c’est qu’ils vieillissent plutôt bien.

(enfin… si on fait abstraction de l’introduction où le héros fume un cigare dans un vaisseau spatial et de la scène suivante où le crash du vaisseau est filmé de telle manière qu’on manque d’avoir le mal de mer !)

D’autres avis : Futurs Presents, The Reservoir Blog (qui parle de toute la saga)




Soleil vert – Richard Fleischer (1973)

J’imagine que vous connaissez au moins l’histoire à défaut d’avoir vu le film. Pour les retardataires, Soleil vert est une histoire d’anticipation tirée d’un roman de Harry Harrison intitulé Make room ! Make room !. Il se déroule en 2022 à New York, alors que le climat est complètement détraqué et que nourriture et eau se font rares. Dans cet univers, un officier de police enquête sur le meurtre d’un notable que tout le monde semble vouloir classer sans suite.

Ce qui est chouette c’est qu’on retrouve Charlton Heston en héros qui joue à peu près le même genre de personnage que dans La planète des singes. Et devinez-quoi ? Il est encore une fois assez exaspérant (même s’il a ses bons moments) !

Une fois que cela est dit, c’est tout de même génial de revoir ce film sur grand écran, ne serait-ce que pour rester concentré (je vous avoue qu’à la télévision je décrochais assez souvent vu que le rythme est assez lent). Et puis c’est un film plein d’images étonnantes (notamment les tas de dormeurs dans les escaliers ou la séquence dans le Foyer).

L’intrigue m’a semblé un peu anecdotique mais l’univers déployé compense largement en mettant en scène ce futur sinistre et surpeuplé où consommer de la salade ou de la vraie viande est un luxe sans prix. La place des femmes (réduites à un rôle de mobilier et comprises dans la location d’un appartement) fait également froid dans le dos.

J’ai beaucoup aimé le personnage de Sol, un petit vieux vraiment étonnant qui est littéralement la mémoire des temps d’avant, et qu’on invite pourtant à partir plus vite car la vieillesse le rendrait moins efficace.

Des trois films que je chronique dans ce billet, je crois bien que Soleil vert est celui qui reste le plus d’actualité avec son futur qui pourrait nous tomber dessus avant même que l’on ne s’en rende compte.





Blade Runner – Ridley Scott (1982)

Terminons ce petit compte rendu avec la fameuse adaptation du roman de Philip K. Dick Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, dans laquelle un policier spécialisé, un blade runner, est chargé d’éliminer un groupe d’androïdes (des réplicants dans le film). Le film a connu une histoire mouvementé avec différentes versions (au point de justifier une page Wikipédia sur la question !)

Pour ma part j’avais déjà vu ce film à plusieurs reprises sur petit écran et je l’avais même étudié en cours de cinéma au lycée. Le voir pour la première fois sur grand écran a cependant été une sacrée claque, tant les visuels sont impressionnants. Lorsque le film est sorti en 1982 ça a dû être quelque chose.

Point de Charlton Heston dans ce film, mais le personnage de Deckard ne traite pas beaucoup mieux les personnages féminins pour autant. Mais comme c’est Harrison Ford, ça passe. Je pense que ça tient au fait que son bagou naturel est contrebalancé par les monstrueuses tartes qu’il se prend, du coup il ne fait pas que fanfaronner, bien au contraire !

L’histoire simple mais riche en mystères (je suis bien contente de l’avoir décryptée au lycée) permet de se balader dans un Los Angeles 2019 à l’esthétique absolument géniale. C’est assez marrant parce qu’on est un peu dans le même genre d’univers surpeuplé que dans Soleil vert, mais l’impression n’est pas du tout la même.

Blade Runner est un film assez lent (encore une fois par rapport au rythme de fou furieux auquel on est habitué), c’est agréable mais aussi un peu dérangeant, notamment s’invitent des scènes ultra violentes.

Ce n’est pas forcément un film facile d’abord, mais il n’en reste pas moins superbe, pour son ambiance de film noir futuriste et pour son esthétique rétro qui lui donne un côté sans âge. Je ne doute pas que les multiples restaurations ont sans doute aidé, mais je suis impressionnée par l’aspect visuel, ce film semble n’avoir pas vieilli et pourrait avoir été tourné hier !

vendredi 17 mars 2017

Les abîmes d’Autremer – Danielle Martinigol


ActuSF a réédité récemment sous forme d’une intégrale la trilogie des Abîmes de Danielle Martinigol, un space-opera précédemment publié dans l’excellente (mais hélas arrêtée aujourd’hui) collection Autres mondes. J’en ai donc profité pour partir à l’aventure histoire de réveiller un peu mon âme d’enfant.

Les Abîmes d’Autremer se déroule dans un univers de space-opera assez classique où l’humanité est partie à la conquête de la galaxie et a colonisé quantité de nouveaux mondes. Parmi ces planètes, Autremer, un monde recouvert d’eau, attire de nombreux curieux qui aimeraient percer les secrets de ses superbes vaisseaux spatiaux, les Abîmes.

Le premier volume, Les Abîmes d’Autremer (réintitulé L’élue dans cette intégrale) met en scène Sandiane, une apprentie reporter qui va donc mener l’enquête avec son père, ce qui va l’amener à rencontrer un futur pilote d’Abîme, Mel, et à s’interroger sur la déontologie (ou plutôt l’absence de déontologie) qui règne dans les médias galactiques.

La suite, L’envol de l’Abîme (L’envol dans l’intégrale) se déroule quelques années plus tard alors que nos héros ont bien grandi. C’est une nouvelle génération qui part à l’aventure, avec notamment un nouveau venu issu d’une planète infernale qui se retrouve à son insu héros de télé-réalité, et le retour d’un Abîme disparu qui amène plein de questions.

L’histoire trouve ensuite sa conclusion dans L’Appel des Abîmes (L’appel dans l’intégrale) qui met en scène un nouveau personnage féminin qui n’est pas sans rappeler Sandiane, et qui s’intéresse à la question de l’Autre. Le volume comprend également une nouvelle L’enfant et l’Abîme, qui avait été publiée dans une anthologie qui permet de revenir aux sources de l’univers en guise de dessert.

Dans l’ensemble, Les Abîmes d’Autremer est une histoire très plaisante à lire grâce à un univers est bien fouillé (notamment tout l’écosystème et l’organisation de la planète Autremer) et grâce à une intrigue qui privilégie l’aventure humaine aux scènes de baston ou aux explosions.

Ce cycle m’a beaucoup fait penser d’ailleurs à La Ballade de Pern, notamment pour les Abîmes (du coup si vous ne saviez pas encore quel est le secret des Abîmes, vous devriez avoir une bonne piste désormais). Cela tient aussi au fait que c’est une SF plutôt positive.

L’histoire explore de plus plein de thématiques comme l’écologie, le rapport à l’Autre et –ce que j’ai trouvé pour ma part le plus intéressant-, le pouvoir des médias. Il y a beaucoup de personnages journalistes dans la trilogie, et cela fait beaucoup réfléchir, notamment sur comment un groupe industriel qui contrôle un média peut influencer l’actualité.

Il faut néanmoins garder à l’esprit que c’est une œuvre de littérature jeunesse. Avec mon regard d’adulte j’avoue avoir tiqué de temps en temps sur certaines facilités et sur le manque certain de nuances. A titre personnel ce n’est donc pas la lecture de l’année (c’est un peu trop simpliste pour la vieille routarde de la SF que je commence à devenir)

Cependant c’est un cycle que je recommanderais avec enthousiasme à de jeunes lecteurs : l’univers est chouette, l’intrigue prenante et les thématiques très intéressantes… j’aurais bien aimé que tous les romans que je lisais à 14-15 ans ressemblent à ça !

D’autres avis : Book en stock (sur le volume 1), Daily Mars, Les pipelettes en parlent, Ptitetrolle

mardi 14 mars 2017

Dimension Merveilleux scientifique (anthologie)


Dimension Merveilleux scientifique est une anthologie de nouvelles qui est entrée dans ma PàL dans le cadre du challenge CRAAA de Cornwall. Comme j’ai eu la bonne idée de ne pas la lire avant la fin du challenge, elle a un peu pris la poussière jusqu’à que je me décide à la sortir de mes étagères pour le plaisir de partir dans un voyage hommage à la SF des temps anciens.

Comme son titre l’indique, cette anthologie se veut en effet un hommage au merveilleux scientifique (ou à ce qu’on appelait aussi l’anticipation), ces récits de science-fiction des années 1850-1950 à l’imaginaire souvent débridé. Afin de remplir cet objectif, Dimension Merveilleux scientifique propose donc 14 nouvelles. Voyons voir le menu.

L’anthologie démarre avec Jamil Fouas, pupille de la Brigade Aérotractée Toulousaine de Sylvain Lamur, une excellente introduction sous la forme d’une enquête policière dans une Toulouse rétro-futuriste.

On rentre bien plus dans le vif du sujet avec Cadrans lunaires. Témoignage concernant les coulisses de la presse scientifique moderne de Beryl Asterell, un texte très XIXe siècle dans sa façon de raconter façon chronique journaliste un voyage sur la Lune. Il n’est en conséquence pas toujours facile à suivre, mais cela fait partie du jeu !

Klotzmobile de Alain Rozembaum nous permet de découvrir la prochaine étape dans l’évolution de l’humanité : l’homme voiture ! L’idée est bien exploité, et le résultat plutôt effrayant.

On retourne sur la Lune avec Les Lunatiques de Angou Levant, mais sous forme d’une fantaisie scientifique assez archaïsante. L’histoire n’est pas transcendante mais le côté reconstitution a son petit effet.

Transcientisation de Alexandre Rallo démarre sur un meurtre avant de nous amener à réfléchir aux maux nécessaires pour garantir la paix. L’histoire est bien menée et l’ambiance plutôt réussie.

Paulo de la Lune de Bertrand Dumeste est ma nouvelle favorite de tout le recueil. On y visite un monde où l’Homme a tourné le dos aux étoiles, sauf un petit garçon qui les regarde encore avec fascination et se pose plein de questions. C’est un texte très touchant, très juste et assez universel.

Vient ensuite ma deuxième nouvelle favorite, L'architecte et la nef des étoiles de Julien Heylbroeck. Ce texte s'intéresse au parcours de l'architecte Gaudi avec une petite touche de science-fiction et de fantastique à l'ancienne. C’est très bien trouvé et ça s'intègre merveilleusement à la légende du personnage.

Le Messager de l'Antarctique de Florence Cochet s'inspire et offre une suite de la nouvelle Le messager de la planète écrite par José Moselli (à priori ça date de 1925). C’est une jolie manière de remettre au goût du jour une histoire d'exploration et d'aliens, tout en y ajoutant une touche actuelle.

Les naufragés de la Rivière d'Argent de Michel Stéphan mélange de façon assez étonnante légendes bretonnes et tunnel transatlantique, pour une nouvelle très sympathique qui fourmille d’idées.

Avec Stupre et faction de Jean-François Thomas, on voyage de l’autre côté de l’Atlantique avec un concept bien délirant, à savoir des hommes et des femmes qui se baladent en sous-vêtements dans le métro. Le récit à l’ancienne par un narrateur qui assiste aux évènements et ne peut s'empêcher de tout ramener à lui est plutôt sympa.

L'Eclat d'Anna de Sylvain Lamur est ma troisième nouvelle favorite. Elle explore le concept bien barré de la planète invisible dans le ciel de la Terre pour parler des relations sociales de l’être humain. Si si je vous le jure.

Il y a par contre assez peu de merveilleux dans Projet Ambroisie de Alain Blondelon, qui parle de voyages spatiales et de lutte contre le vieillissement. J’avoue néanmoins avoir bien apprécié la chute.

L'Origine du Mal de Faust Netschaiev est une histoire de fin du monde au style (sans doute volontairement) lourd, dans laquelle j’ai eu beaucoup de mal à rentrer.

L’anthologie se termine avec J'étais, je suis, je serais de Luc Pleudon, une histoire assez complexe qui fait voyager dans le temps autour du projet de République soviétique dans les années 1910-1920. L’auteur connaît clairement son sujet mais j’ai eu un peu de mal à tout comprendre faute d’être dans la même situation.

Pour accompagner les nouvelles, l’anthologie propose également trois essais (que j’avoue avoir zappé, honte à moi) ainsi qu’une bibliographie et une sitographie bien fournies. Dimension Merveilleux fantastique est donc un ouvrage très abouti et fort complet.

Pour ma part j’ai trouvé sa lecture sympathique, surtout quand les nouvelles réussissaient à susciter l’émerveillement. Cependant j’ai souvent buté sur le style volontairement daté des écrits qui ne facilite pas toujours la lecture. Par ailleurs il m’a sans doute manqué quelques références si je me fie aux postfaces qui suivent chaque nouvelle.

Pour les passionnés du domaine, je pense que cette anthologie doit être excellente (d’ailleurs deux autres volumes ont été publiés, c’est bien la preuve qu’il existe un public intéressé). Pour ma part j’ai eu un peu de mal à rentrer complètement dedans. Cela ne m’a pas empêché cependant d’être touchée par certains textes (Paulo de la Lune, définitivement) et d’avoir envie de m’intéresser à ce pan de la SF que je connais extrêmement mal.

samedi 11 mars 2017

Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire - Saison 1


Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire est une série de treize romans jeunesse publiée dans les années 2000. Elle met en scène trois jeunes orphelins poursuivis par le terrifiant Comte Olaf, un machiavélique personnage qui en a après leur fortune.

J’avais lu le premier tome de cette série sans jamais trouver l’opportunité d’aller plus loin. J’avais cependant bien apprécié le ton à la fois sombre et plein d’humour, avec de nombreuses interventions du narrateur. Il y avait un petit côté Roald Dahl dans ces interventions et dans cette manière de mettre en scène des adultes aveugles et idiots. Le ton est cependant plus dramatique, la vie des orphelins Baudelaire ressemblant avant tout à une longue de naufrages et de catastrophes.

Lorsque Netflix a sorti une nouvelle adaptation en série, j’ai sauté sur l’occasion de replonger dans cette aventure, histoire d’avancer un peu plus dans l’intrigue qu’avec le film de 2004 (qui faisait certes du bon travail mais nous laissait en plan à la fin du troisième tome).


Ce qui est chouette lorsqu’on adapte une série de livres en en série télé, c’est qu’on a bien plus d’espace pour développer l’intrigue, ce que l’adaptation Netflix a bien compris : avec deux épisodes pour reprendre l’intrigue d’un livre, il y a bien plus d’espace pour développer les personnages, l’univers… et à peu près tout de manière générale !

Je n’ai lu qu’un seul roman donc je suis loin de connaître toutes les subtilités de cet univers, mais j’ai eu l’impression qu’il y avait vraiment une grande fidélité dans cette adaptation, dans le déroulement de l’histoire mais aussi dans la façon dont elle est racontée.

La série inclut notamment des interventions de Lemony Snickett qui s’intercalent ici et là dans l’intrigue, parfois de manière assez loufoque, et cela contribue grandement à poser l’atmosphère très particulière des Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire.


Visuellement, j’ai trouvé cette série superbe parce qu’elle est très particulière : que ce soit dans les décors, les costumes ou même dans la façon de filmer, j’ai eu l’impression d’avoir une réalisation de Wes Anderson, mais un Wes Anderson qui aurait succombé au côté obscur (avec une petite touche de Tim Burton parfois).

J’ai beaucoup aimé aussi la façon dont est racontée l’histoire, avec tout un jeu sur la répétition et sur les avertissements. Il arrive en effet assez fréquemment que l’auteur annonce des évènements à venir, mais cela ne gâche pas le visionnage, au contraire cela vient rajouter une dose de décalage (et cela n’empêche pas les surprises d’ailleurs).

Evidemment si vous n’appréciez guère l’humour noir, les tons décalés et les histoires qui forcent le trait volontairement, vous risquez de passer à côté de cette série. Mais si au contraire vous avez envie de voir quelque chose de différent, vous allez vous régaler dès les premières minutes, ne serait-ce qu’avec ce générique superbe visuellement, qui vous invite à aller voir ailleurs et en même temps vous présente le synopsis de l’histoire en cours !


Bref cette série est un régal à tout point de vue : intrigue, visuels mais aussi personnages. Les trois enfants (enfin surtout les deux grands, Violet et Klaus) sont très bons face un Neil Patrick Harris en Comte Olaf en grande forme. J’apprécie beaucoup le caractère très posé du personnage de l’auteur joué par Patrick Warburton.

Du coup arrivée à la fin de cette première saison, je me rends compte que je vais être obligée de reprendre ma lecture des livres. J’ai vraiment envie d’avoir le fin mot de l’histoire, et j’aimerais également mieux comprendre certains éléments de la série aussi.

En tout cas si vous avez envie d’une série qui change un peu, je vous recommande grandement d’accompagner les orphelins Baudelaire dans leur tragique vie, vous ne devriez pas être déçus !



mercredi 8 mars 2017

La servante écarlate – Margaret Atwood


La servante écarlate fait partie de ces romans dont j’ai croisé le titre ici et là pendant longtemps sans jamais savoir de quoi il parlait. Récemment, je suis tombée sur la bande-annonce de son adaptation en série télé qui m’a beaucoup intrigué. J’ai donc décidé de me pencher sur le cas de ce classique qui m’avait échappé jusque-là.

Pour la petite anecdote, j’ai voulu emprunter ce roman à la bibliothèque. La première fois que je suis passée, il était emprunté (soit). La deuxième fois, il était de retour mais la bibliothèque était fermée à cause d’une manif). La semaine suivante, je n’ai pas pu passer non plus, autant dire que lorsque j’ai enfin pu l’emprunter, j’étais tellement frustrée que j’ai lâché tout ce que j’avais en cours pour lire ce roman, et c’est sans regret !

(oui j’aurais aussi pu l’acheter, mais figurez-vous que la couverture de la nouvelle édition qui vient de sortir ne me parle pas du tout, du coup j’ai préféré emprunter l’ancienne et tant pis pour la préface inédite de l’auteure)

La servante écarlate est une dystopie qui nous emmène dans des États-Unis bien sinistres qui ont basculé dans le totalitarisme à tendance théocratique. Au sein de ces régimes, les femmes ont été renvoyées dans leurs foyers, sans autre rôle que celui d’épouse ou de servante. Les naissances ayant chuté drastiquement, celles qui ont la « chance » d’être fertile sont réduites à un rôle de mère porteuse, qu’elles soient ou non d’accord.

La narratrice de cette histoire est une de ces femmes, une servante écarlate qui n’a plus le droit de porter son nom. Tandis que les jours de sa vie s’écoulent doucement dans la vie très refermée qu’elle mène (elle n’a pratiquement le droit de parler à personne et passe la majeure partie de ses journées recluse dans sa chambre), elle passe en revue ses souvenirs, ce qui permet de découvrir par petites touches comment le monde (et elle) en sont arrivés-là.

Ce mode de récit tout sauf linéaire n’est pas toujours facile à suivre (d’autant plus que la narratrice n’a pas son pareil pour sauter du coq à l’âne), mais c’est ce qui le rend captivant. Je n’avais d’ailleurs pas terminé le premier chapitre que j’étais comme prise au piège de cet univers, avec cette narratrice dont on ressent très bien l’enfermement (certes en partie physique mais aussi psychologique). Il arrive qu’on lise des romans qui nous habitent, celui-là nous emprisonne purement et simplement !

Bien sûr, cela est dû aux thématiques qu’il aborde. Le cadre est celui d’une société totalitaire rigoureusement organisée pour annihiler toute forme de pensée : les livres et les journaux ont disparu et on a remplacé les noms des magasins par les logos des produits qu’ils vendent pour brider l’imagination. Il est d’ailleurs très intéressant de voir comment on peut réduire imagination et réflexion lorsqu’on fait pratiquement disparaitre l’écrit.

Dans ce régime, les femmes ont perdu tous leurs acquis (indépendance, possibilité de travailler, droit à disposer de leur corps), mais le régime en place ménage de pseudos espaces de liberté pour mieux les contrôler au travers de certaines cérémonies ou en choisissant des femmes prêtes à appliquer les principes de ce régime à des postes à responsabilité.

La description de cet univers est en elle-même glaçante, et je comprends qu’on associe souvent ce roman à 1984 car ils s’inscrivent résolument dans la même veine. La servante écarlate se concentre cependant plus sur la question des femmes et rappelle de façon assez douloureuse qu’aucun droit n’est jamais acquis pour toujours et pour tout le monde, ce que l’actualité nous rappelle assez régulièrement.

En cela La servante écarlate est déjà un excellent roman qui soulève des questions très intéressantes tout en faisant froid dans le dos. Mais cet effet est encore plus accentué par ce personnage principal qui n’a rien d’une super-héroïne.

Les dystopies les plus récentes que j’ai lues étaient souvent des romans pour la jeunesse où l’on se retrouve toujours avec une héroïne qui va trouver la force en elle de se dresser pour renverser l’ordre existant. Il n’y a rien de cela dans la narratrice de La servante écarlate.

Cette femme est complètement enfermée dans ce système. Elle se permet de petits actes de rébellion (quelque chose d’aussi insignifiant que de voler une noisette de beurre dans son assiette pour en se crémer le visage avec) mais elle est aussi complètement terrassée par la peur. Il y a même un moment où elle se déclare prête à tout accepter pourvu qu’elle garde sa vie.

Le roman nous rappelle ainsi qu’entre le noir et le blanc, qu’entre les collabos et les résistants, il y a aussi de très nombreuses nuances de gris, de personnes qui n’adhèrent pas à un système mais ne peuvent pas non plus le rejeter, des gens qui veulent juste continuer leur petit bonhomme de vie. Des êtres humains, en bref.

C’est donc un roman très riche que cette Servante écarlate : c’est une dystopie très bien pensée et très bien racontée qui n’a pas pris une ride ; c’est aussi un texte qui nous rappelle que rien n’est jamais acquis et qui nous renvoie à notre propre humanité. Ce livre est comme une claque dans la figure, et assurément un classique à lire sans hésiter.

D’autres avis : Bifrost, Bizz & Miel, Cachou, Valunivers

dimanche 5 mars 2017

[Tag] Ereader vs Book


Cela faisait déjà un petit moment que j’avais envie de faire un point après quelques années de lecture numérique (en fait je voulais le faire pour les trois ans de ma liseuse l’an dernier mais j’ai complètement zappé à l’époque). Ce petit tag trouvé chez Lutin82 et créé par Le chien critique est donc tombé à merveille. En route donc pour un petit retour d’expérience !

Avertissement : comme je suis une incorrigible bavarde, cet article est long (dans les 1800 mots, oups !). Pour ceux qui sont pressés, je vous propose de sauter directement au point six pour le résumé et la conclusion (300 mots seulement !).


1. Pourquoi la lecture numérique ?

Excellente question ! En fait je ne me rappelle plus très bien des raisons qui m’ont poussé à acheter ma liseuse il y a quatre ans. Il y avait certainement une certaine curiosité pour l’objet, une attirance pour l’offre qui commençait à se développer à l’époque (notamment avec les promos et les nouvelles gratuites), et je pensais m’en servir pour lire plus facilement en anglais.

Aujourd’hui j’apprécie de lire en numérique pour différentes raisons :

Le gain de place et de poids dans les transports : j’apprécie beaucoup plus certains pavés quand je ne dois pas les porter à bout de bras, d’autant plus lorsque je suis debout dans un train bondé ; il faut aussi reconnaître que c’est très pratique lorsqu’on part en vacances de n’emporter qu’une bibliothèque de poche (ceci dit je prends toujours un livre papier de secours au cas où… et un trombone si jamais il faut faire un reset de l’appareil !).

Les annotations : la fonctionnalité est malheureusement plus que rudimentaire sur ma liseuse, mais c’est extrêmement pratique pour retrouver de chouettes citations et les recaser après dans ses chroniques.

Le prêt numérique en bibliothèque : j’ai découvert cela l’an dernier et il faut avouer que c’est vraiment pratique pour emprunter des livres sans sortir de chez soi (sauf quand son inscription expire) et sans leur courir après parce qu’ils sont empruntés ; la mise en route n’est pas forcément aisée mais une fois que tout est paramétré, c’est vraiment pratique.

La lecture en anglais : je le fais finalement assez peu mais il faut reconnaître qu’à chaque fois que j’ai lu des textes en anglais, j’ai bien apprécié d’avoir un dictionnaire intégré.

Les fanfictions : j’ai longtemps été une grande lectrice de fanfictions et je le suis toujours par moment ; après m’être esquintée les yeux des années durant à les lire sur mon écran d’ordinateur, et même si certains sites de publication (Fanfiction.net notamment) se dotent désormais d’applications mobiles, quel bonheur de pouvoir transformer grâce à certains outils (lorsque la fonctionnalité n’est pas directement disponible sur le site en question) les fanfictions qu’on veut lire en epub, pour pouvoir les lire tranquillement du fond de son lit !

Les services presse : j’ai toujours eu un petit problème de culpabilité vis-à-vis des quelques services presse qu’on me proposait et que je n’aimais pas ou qui prenaient la poussière sur mes étagères. Je n’aime guère garder un livre que je n’ai pas aimé dans ma bibliothèque mais en même temps, j’ai un peu honte de revendre un ouvrage que je n’avais pas payé ; avec le numérique la question ne se pose pas : au pire le fichier disparait au fond de mon disque dur, ça ne pose aucun problème à ma conscience !


2. Pourquoi avez-vous choisi cette marque et pas une autre ?

Ma liseuse est un Kobo mini, modèle qui je crois n’existe plus aujourd’hui. A l’époque je l’ai choisi principalement pour son prix (elle m’a coûté 45 euros à l’époque grâce à un usage judicieux des promos et chèques fidélité) et parce que le système était plus ouvert que celui des Kindle.

C’est un modèle vraiment basique qui n’est pas dénué de problèmes (son système d’annotations est foireux et il se fige parfois sans raison), mais son petit format (c’est une liseuse 5 pouces) le rend incontournable dans les transports en commun.

J’ai eu des gros soucis récemment lorsque j’ai commencé les prêts numériques, ce qui m’a obligé à rétablir les paramètres d’usine. A priori Calibre, que j’utilise pour gérer ma bibliothèque, ne fait pas toujours bon ménage avec le logiciel Kobo. Depuis que je n’utilise plus celui-ci (de toute façon le système de ma liseuse n’est plus mis à jour donc je n’ai plus aucun intérêt à l’utiliser), cela va beaucoup mieux !

Si je devais changer de modèle, je pense que je resterais (si possible) sur le même format. Je lorgne cependant un peu sur l’éclairage intégré, parce que j’ai toujours le chic pour tomber dans le coin du train où il n’y a pas de lumière. On verra ça le moment venu en fonction des tests réalisé sur le blog Aldus (un excellent site de test de liseuses).


3. Que pensez-vous des DRM ?

Je n’aime pas, tout simplement. Je n’aime pas mettre un DVD et qu’on me rappelle via un petit film impossible à passer que pirater c’est voler (sauf vu que j’ai acheté ton DVD, c’est que je ne l’ai pas fait, banane !). Je n’aime pas qu’on limite le nombre d’appareils qui peuvent lire un livre ou qu’on limite le nombre de copies privées que je pourrais vouloir faire d’un CD comme c’était le cas à une époque.

De toute façon aucun DRM n’a jamais arrêté un pirate, et je pense que le meilleur moyen de diminuer le piratage est de proposer une offre légale alléchante (voyez Netflix ou Spotify pour les autres médias). Lorsque je dois me résigner à acheter un livre avec DRM (ce qui représente forcément une étape en plus puisqu’il faut passer par l’intermédiaire d’Adobe Digital Editions), je fais systématique sauter le verrou (c’est très facile avec Calibre). Pas parce que j’ai l’intention de le mettre en ligne illégalement, juste pour pouvoir profiter tranquillement de mon bien.

La seule exception où je tolère les DRM, c’est pour le prêt numérique. Cela a du sens vu qu’on est sur une logique de prêt à durée limitée (ce qui n’empêche pas certains éditeurs d’en profiter mais là n’est pas le débat). Donc j’utilise Adobe pour emprunter et rendre mes livres numériques, et je m’arrange pour terminer dans les temps (il faudra que je teste un jour quand même ce qu’il se passe quand on dépasse la date). Je pourrais les pirater mais je ne le fais pas, pour moi ça serait comme ne pas rendre un livre à la bibliothèque ! 


4. Que pensez-vous du piratage ?

Je suis un peu hypocrite sur le sujet, car je suis outrée quand on me parle de télécharger des livres illégalement, mais en même temps je n’ai pas l’once d’un regret lorsqu’on parle de films ou de séries (ceci dit depuis l’arrivée de Netflix je suis bien plus réglo sur le sujet). Il y a sans doute une question de valeur, de rapport qualité/prix, de plus grand respect pour l’œuvre d’un seul auteur et non d’une maison de production affamée de bénéfices, entre autres choses…

Je ne regarde cependant pas d’où proviennent certains livres numériques qu’on me passe (en même temps ça serait comme demander à votre ami qui vous prête un livre papier s’il l’a volé !), et tant que ça reste dans le cadre d’un cercle restreint (famille et amis), je pense qu’il n’y a aucun mal à se prêter des livres numériques, de même qu’on se prête des livres papiers !


5. Les ebooks : trop cher ou pas assez ?

Tout dépend de la politique de l’éditeur, et dans le domaine chacun a sa recette. Pour moi cela n’a juste pas de sens de payer un livre numérique aussi cher qu’un livre papier (ou à peine deux euros de moins). Pour un livre grand format, j’ai tendance à faire la tronche dès que l’epub est à plus de 10-12 euros (après tout dépend de la taille du livre). J’ai également bien du mal à comprendre qu’on puisse vendre un fichier numérique plus cher que sa version en poche !

A part ça, il y a un truc que j’aime bien avec le numérique, c’est le développement de mini-recueils comme le fait ActuSF. Cela permet de découvrir ou redécouvrir des textes qui sont difficiles à se procurer au format papier pour quelques euros (je me rappelle avoir acheté des nouvelles de Jaworski à la pièce qui avaient été publiées dans diverses anthologies à l’origine). Pour le coup c’est une excellente initiative.

J’aimais aussi beaucoup quand Le Bélial’ permettait d’acheter avec la version papier de ses livres la version numérique à un coût très réduit. Dommage que ce ne soit pas possible d’un point de vue législatif (une histoire d’entorse au prix unique du livre, de mémoire), parce que c’est quelque chose qui me semble tellement logique et pratique !


6. Les qualités et défauts de la liseuse

Concernant les qualités d’une liseuse, je les ai déjà tous évoqués : praticité dans les transports, confort pour lire des gros livres, utilité pour certains textes « full numérique » (nouvelles à la pièce ou fanfictions) et pour lire en anglais avec dictionnaire.

Mais il n’y a pas que des bons côtés. Pour ce qui est de mon modèle je regrette un peu son inertie et son incapacité à conserver correctement des annotations (alors que j’avais de grands projets à ce sujet), mais j’imagine que cela ne concerne pas tous les modèles.

Dans mon cas j’ai également un gros problème avec la lecture numérique, c’est qu’elle ne convient pas forcément à ma façon de lire. Il m’arrive en effet fréquemment lorsque je lis de revenir en arrière vérifier un détail, ou de feuilleter en avant pour voir si j’aurais le temps de finir mon chapitre avant d’arriver à mon arrêt de bus. Essayez un peu de faire la même chose sur une liseuse, vous allez voir comme c’est fastidieux. 

Enfin si vous êtes très sensibles au niveau du toucher comme moi, vous comprendrez qu'on n'ait pas le même plaisir à manipuler une liseuse ou un livre papier. Surtout lorsqu'on aime caresser le papier des pages, jouer avec les rabats ou encore se plonger dans la contemplation de la couverture aux vernis sélectifs soignés.


En bref…

Quatre ans après, où en suis-je dans mes lectures numériques ? J’ai lu une quarantaine de romans, une cinquantaine de nouvelles ou de recueils, ainsi que quelques essais. Des textes que j’ai acquis lors de promotions ou de prêts le plus souvent, il est encore assez rare que j'achète en « neuf » mes livres numériques.

Le numérique n’est pas vraiment rentré dans mes mœurs. Ce qui ne m’empêche pas d’apprécier ma liseuse pour le confort qu’elle offre pour certains types de livres, ou pour lire des choses non disponibles au format papier. Pour moi la lecture numérique ne remplace pas la lecture sur papier, elle la complète.

L'avenir dira si l'absence d'étagères extensibles va me pousser à lire de plus en plus en numérique… une chose est sûre, j’aime trop l’objet-livre pour l’abandonner totalement !