mercredi 29 mars 2017

Tout l’art de Neil Gaiman – Hayley Campbell


Neil Gaiman occupe une place prépondérante sur ce blog (et dans mon panthéon personnel en passant), vous avez sûrement eu l’occasion de le remarquer. Il était donc assez logique que je trouve le moyen de me faire offrir Tout l’art de Neil Gaiman, un beau livre qui retrace son parcours on ne peut plus éclectique.

Bien sûr cela peut sembler un peu étrange de se lancer dans la rétrospective d’une carrière d’auteur qui est loin d’être terminée (comme en témoigne les millions de projets en sommeil évoqués entre ces pages, et tous ceux dont le livre ne parle pas mais qui se sont concrétisés depuis). Mais sachant que le sieur dictait déjà des poèmes à sa maman avant même de savoir écrire, il y a de quoi remplir un livre !

Rassurez-vous, les anecdotes sur son enfance restent assez peu nombreuses. Tout l’art de Neil Gaiman n’a bien de la biographie mise en scène, c’est plutôt une sorte de bibliographie commentée qui permet de découvrir les débuts en écriture de Neil Gaiman (il a commencé par écrire pour des magazines coquins) et de faire le tour d’une œuvre on ne peut plus éclectique (romans, comics, films, etc.).

A moitié chronologique, à moitié thématique, l’ouvrage est une mine d’informations et d’anecdotes sur le contexte de création de chacune de ses œuvres. C’est assez intéressant de voir comment il a fait son trou dans le milieu, ou encore de découvrir le nombre de projets en sommeil que Gaiman a dans ses placards (notamment des suites de presque tous ses romans !).

Intéressant dans son contenu, Tout l’art de Neil Gaiman est également un fort joli ouvrage abondamment illustré par les archives de l’auteur (y compris des notes manuscrites pas faciles à décrypter). C’est un régal pour les yeux à quelques détails de mise en page près.

Si vous vous contentez de feuilleter le livre vous n’aurez aucun souci, mais j’ai pour ma part trouvé les pages imprimées sur fond noir absolument illisibles à la lumière d’une lampe de chevet. Et je n’aurais pas craché sur une police d’écriture un peu plus grande, surtout pour la bibliographie qui nécessite une loupe pour se plonger dedans (je soupçonne l’éditeur français d’avoir tassé le texte pour que tout rentre).

Cela reste néanmoins un très beau livre à offrir à tout fan de l’auteur, une belle occasion d’en apprendre plus sur ses œuvres phares et de découvrir des créations moins connues tout en profitant de sympathiques documents d’archives.

Quant à moi, je peux désormais remettre dans leur contexte toutes les bizarreries que j’avais pu récupérer dans un Humble Bundle spécial Neil Gaiman. Je vais peut-être pouvoir les lire maintenant ! (enfin… peut-être pas la biographie de Duran Duran, faut pas pousser non plus…)

D’autres avis : Daily Mars, Elbakin

dimanche 26 mars 2017

Le choix – Paul J. McAuley


De Paul J. McAuley je ne connaissais qu’une seule œuvre : Les conjurés de Florence, un roman brillant dans ses idées (Léonard de Vinci qui initie la révolution industrielle) mais qui ne m’avait pas vraiment convaincu sur la forme. La parution d’une novella, Le choix, a donc l’occasion pour moi de découvrir une autre facette de son œuvre, dans une veine résolument différente.

Dans un futur non daté, le réchauffement climatique a considérablement modifié la vie sur Terre. L’arrivée d’extraterrestres a donné aux terriens les moyens de de partir vers les étoiles, mais tous n’en profitent pas. C’est le cas par exemple de Lucas et Damian, deux jeunes adultes qui partent à l’aventure pour voir un « dragon » (en fait une créature extraterrestre) échoué à proximité de chez eux.

Je n’en dirais pas plus sous peine de vous raconter toute l’histoire, étant donné que Le choix est une novella d’à peine 80 pages. Sachez cependant que cette courte taille est largement suffisante pour que l’auteur ait le temps de présenter un univers très détaillé.

Ce monde très riche est déjà un atout, mais c’est surtout le décor d’une très jolie histoire presque universelle qui nous parle avant tout d’amitié et des choix que l’on fait dans la vie (oui le titre est vraiment adapté, de même que la couverture d’ailleurs !).

J’ai donc beaucoup aimé suivre les aventures de ces deux jeunes adultes qui rêvent de se sortir de leur vie de misère, autant pour l’univers déployé que pour la justesse des propos. Une belle découverte qui m’a donné envie de lire d’autres choses de cet auteur (notamment ses autres histoires se déroulant dans cet univers).

D'autres avis : BlackWolf, Efelle, Lorhkan, Lune, Nebal, Yogo

jeudi 23 mars 2017

Abattoir 5 – Kurt Vonnegut


Abattoir 5 fait partie de ces romans dont je croisais de temps à autre la référence sans avoir la moindre idée de quoi il parlait. Comme M. Vert l’a acheté, il est donc arrivé dans ma PàL sans plus d’information qu’un « c’est bizarre », je l’ai donc ouvert avec circonspection pour découvrir que c’était certes un texte bizarre, mais également un roman vraiment étonnant.

De quoi parle donc Abattoir 5 ? La couverture de cette édition peut vous donner indice avec son bombardier : oui Abattoir 5 parle de la Seconde guerre mondiale ; plus spécifiquement de la fin de celle-ci ; plus particulièrement du bombardement de la ville de Dresde.

Son but n’est cependant pas de faire dans le témoignage ou la reconstitution (bien que le roman soit inspiré de la propre expérience de l’auteur). Abattoir 5 nous parle surtout à travers cet exemple de l’horreur de la guerre et des traumatismes qu’elle engendre, entre autres choses.

Après avoir passé la page de titre assez décalée qui n’en finit pas de sous-titrer son propos (avec justesse ceci dit, je recommande de la relire après avoir terminé le roman !), j’ai eu un peu peur de m’embarquer dans une histoire difficile et complexe.

Il n’en est rien, Abattoir 5 est un roman étonnamment facile à suivre malgré une écriture assez tarabiscotée. Pas mal pour un roman qui a pour héros un homme qui ne cesse de voyager dans sa propre histoire (lorsqu’il n’est pas enlevé par les extraterrestres). Je vous laisse imaginer le casse-tête narratif que cela peut être !

Et pourtant ce roman est d’une fluidité sans pareil. Plus surprenant encore, le ton est souvent léger et presque humoristique alors qu’on serait en droit de s’attendre au contraire. Bien sûr il y a des moments dramatiques mais l’ensemble se lit avec aisance et se révèle fascinant.

J’ai vraiment adoré lire Abattoir 5 à cause de cela : sur le plan narratif c’est un texte aussi étonnant que génial. J’ai apprécié le fait qu’il se situe à la croisée des genres : je trouverais dommage de le classer en SF à cause des aliens (et d’ailleurs il n’est plus édité dans une collection de SF et je trouve ça pas plus mal).

Je dois cependant avouer que je l’ai terminé avec l’impression de n’avoir pas tout saisi et d’être passée à côté de plein de choses. J’ai glané quelques éléments de compréhension dans la préface et sur Internet, mais je pense que c’est un roman que je relirais dans quelques années afin de mieux le comprendre. Ainsi vont les choses.

D'autres avis : Nebal, Cachou, Charybde (qui confirme qu'il faut le lire une 2e fois !)

lundi 20 mars 2017

Un Blade runner sous un soleil vert sur la planète des singes…

Ce mois-ci, j’ai profité du cycle Chic Planète au Forum des images pour revoir quelques vieux classiques de la SF sur grand écran. Histoire de ne pas trop encombrer mon recueil factice en fin de mois, voici le compte rendu de mes visionnages. Je suis bien contente de cette opportunité et je vais sans doute garder l’œil sur la programmation du Forum des images (même si beaucoup de séances en journée sont difficilement accessibles).




La Planète des singes – Franklin J. Schaffner (1967)

Pour ceux qui n’auraient jamais entendu parler de ce film et de ses nombreuses suites/prequels/reboots/versions alternatives, La planète des singes raconte l’arrivée d’un vaisseau spatial humain sur un monde extraterrestre où l’on trouve des hommes et des singes… à ceci près que ce sont les singes qui dominent l’homme, et non l’inverse. Il est adapté d’un roman de Pierre Boulle (un Français, cocorico !)

Lorsque j’ai vu ce film pour la première fois à la télévision, ça a été une authentique claque (pour la fin, certes, mais pas que). Du coup j’avais très envie de le voir sur grand écran, histoire de le redécouvrir et de me mettre dans la peau des gens qui l’ont vu au cinéma lors de sa sortie.

Cette séance a été un vrai plaisir. Même s’il n’y a pas forcément de séquences très impressionnantes qui justifieraient un visionnage sur grand écran (comparé à nos standards actuels), on savoure bien mieux l’intrigue dans une salle de cinéma où l’on n’est pas distrait par son téléphone ou sa tablette. On profite également mieux des paysages et de l’excellente BO de Jerry Goldsmith (que j’avais déjà entendue en concert mais qui est encore plus impressionnante lorsqu’on remet des images dessus).

Je dois avouer que j’ai trouvé le personnage incarné par Charlton Heston un peu exaspérant (heureusement qu'il perd sa voix pendant une partie de l'histoire) et que j’ai soupiré intérieurement face aux rôles féminins inexistants (heureusement qu'il y a Zira).

Cependant ce film reste très fort dans sa façon d’échanger les rôles entre hommes et singes. Cinquante ans après, c'est un film qui conserve son intérêt lorsqu’il nous interroge sur la façon dont on traite les animaux (ou les hommes jugés « inférieurs » dans notre passé) et sur l'opposition entre science et religion. La fin est percutante, bien sûr, mais le reste du film l’est tout autant. Et ce qui est chouette avec ces films sans images de synthèse, c’est qu’ils vieillissent plutôt bien.

(enfin… si on fait abstraction de l’introduction où le héros fume un cigare dans un vaisseau spatial et de la scène suivante où le crash du vaisseau est filmé de telle manière qu’on manque d’avoir le mal de mer !)

D’autres avis : Futurs Presents, The Reservoir Blog (qui parle de toute la saga)




Soleil vert – Richard Fleischer (1973)

J’imagine que vous connaissez au moins l’histoire à défaut d’avoir vu le film. Pour les retardataires, Soleil vert est une histoire d’anticipation tirée d’un roman de Harry Harrison intitulé Make room ! Make room !. Il se déroule en 2022 à New York, alors que le climat est complètement détraqué et que nourriture et eau se font rares. Dans cet univers, un officier de police enquête sur le meurtre d’un notable que tout le monde semble vouloir classer sans suite.

Ce qui est chouette c’est qu’on retrouve Charlton Heston en héros qui joue à peu près le même genre de personnage que dans La planète des singes. Et devinez-quoi ? Il est encore une fois assez exaspérant (même s’il a ses bons moments) !

Une fois que cela est dit, c’est tout de même génial de revoir ce film sur grand écran, ne serait-ce que pour rester concentré (je vous avoue qu’à la télévision je décrochais assez souvent vu que le rythme est assez lent). Et puis c’est un film plein d’images étonnantes (notamment les tas de dormeurs dans les escaliers ou la séquence dans le Foyer).

L’intrigue m’a semblé un peu anecdotique mais l’univers déployé compense largement en mettant en scène ce futur sinistre et surpeuplé où consommer de la salade ou de la vraie viande est un luxe sans prix. La place des femmes (réduites à un rôle de mobilier et comprises dans la location d’un appartement) fait également froid dans le dos.

J’ai beaucoup aimé le personnage de Sol, un petit vieux vraiment étonnant qui est littéralement la mémoire des temps d’avant, et qu’on invite pourtant à partir plus vite car la vieillesse le rendrait moins efficace.

Des trois films que je chronique dans ce billet, je crois bien que Soleil vert est celui qui reste le plus d’actualité avec son futur qui pourrait nous tomber dessus avant même que l’on ne s’en rende compte.





Blade Runner – Ridley Scott (1982)

Terminons ce petit compte rendu avec la fameuse adaptation du roman de Philip K. Dick Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, dans laquelle un policier spécialisé, un blade runner, est chargé d’éliminer un groupe d’androïdes (des réplicants dans le film). Le film a connu une histoire mouvementé avec différentes versions (au point de justifier une page Wikipédia sur la question !)

Pour ma part j’avais déjà vu ce film à plusieurs reprises sur petit écran et je l’avais même étudié en cours de cinéma au lycée. Le voir pour la première fois sur grand écran a cependant été une sacrée claque, tant les visuels sont impressionnants. Lorsque le film est sorti en 1982 ça a dû être quelque chose.

Point de Charlton Heston dans ce film, mais le personnage de Deckard ne traite pas beaucoup mieux les personnages féminins pour autant. Mais comme c’est Harrison Ford, ça passe. Je pense que ça tient au fait que son bagou naturel est contrebalancé par les monstrueuses tartes qu’il se prend, du coup il ne fait pas que fanfaronner, bien au contraire !

L’histoire simple mais riche en mystères (je suis bien contente de l’avoir décryptée au lycée) permet de se balader dans un Los Angeles 2019 à l’esthétique absolument géniale. C’est assez marrant parce qu’on est un peu dans le même genre d’univers surpeuplé que dans Soleil vert, mais l’impression n’est pas du tout la même.

Blade Runner est un film assez lent (encore une fois par rapport au rythme de fou furieux auquel on est habitué), c’est agréable mais aussi un peu dérangeant, notamment s’invitent des scènes ultra violentes.

Ce n’est pas forcément un film facile d’abord, mais il n’en reste pas moins superbe, pour son ambiance de film noir futuriste et pour son esthétique rétro qui lui donne un côté sans âge. Je ne doute pas que les multiples restaurations ont sans doute aidé, mais je suis impressionnée par l’aspect visuel, ce film semble n’avoir pas vieilli et pourrait avoir été tourné hier !

vendredi 17 mars 2017

Les abîmes d’Autremer – Danielle Martinigol


ActuSF a réédité récemment sous forme d’une intégrale la trilogie des Abîmes de Danielle Martinigol, un space-opera précédemment publié dans l’excellente (mais hélas arrêtée aujourd’hui) collection Autres mondes. J’en ai donc profité pour partir à l’aventure histoire de réveiller un peu mon âme d’enfant.

Les Abîmes d’Autremer se déroule dans un univers de space-opera assez classique où l’humanité est partie à la conquête de la galaxie et a colonisé quantité de nouveaux mondes. Parmi ces planètes, Autremer, un monde recouvert d’eau, attire de nombreux curieux qui aimeraient percer les secrets de ses superbes vaisseaux spatiaux, les Abîmes.

Le premier volume, Les Abîmes d’Autremer (réintitulé L’élue dans cette intégrale) met en scène Sandiane, une apprentie reporter qui va donc mener l’enquête avec son père, ce qui va l’amener à rencontrer un futur pilote d’Abîme, Mel, et à s’interroger sur la déontologie (ou plutôt l’absence de déontologie) qui règne dans les médias galactiques.

La suite, L’envol de l’Abîme (L’envol dans l’intégrale) se déroule quelques années plus tard alors que nos héros ont bien grandi. C’est une nouvelle génération qui part à l’aventure, avec notamment un nouveau venu issu d’une planète infernale qui se retrouve à son insu héros de télé-réalité, et le retour d’un Abîme disparu qui amène plein de questions.

L’histoire trouve ensuite sa conclusion dans L’Appel des Abîmes (L’appel dans l’intégrale) qui met en scène un nouveau personnage féminin qui n’est pas sans rappeler Sandiane, et qui s’intéresse à la question de l’Autre. Le volume comprend également une nouvelle L’enfant et l’Abîme, qui avait été publiée dans une anthologie qui permet de revenir aux sources de l’univers en guise de dessert.

Dans l’ensemble, Les Abîmes d’Autremer est une histoire très plaisante à lire grâce à un univers est bien fouillé (notamment tout l’écosystème et l’organisation de la planète Autremer) et grâce à une intrigue qui privilégie l’aventure humaine aux scènes de baston ou aux explosions.

Ce cycle m’a beaucoup fait penser d’ailleurs à La Ballade de Pern, notamment pour les Abîmes (du coup si vous ne saviez pas encore quel est le secret des Abîmes, vous devriez avoir une bonne piste désormais). Cela tient aussi au fait que c’est une SF plutôt positive.

L’histoire explore de plus plein de thématiques comme l’écologie, le rapport à l’Autre et –ce que j’ai trouvé pour ma part le plus intéressant-, le pouvoir des médias. Il y a beaucoup de personnages journalistes dans la trilogie, et cela fait beaucoup réfléchir, notamment sur comment un groupe industriel qui contrôle un média peut influencer l’actualité.

Il faut néanmoins garder à l’esprit que c’est une œuvre de littérature jeunesse. Avec mon regard d’adulte j’avoue avoir tiqué de temps en temps sur certaines facilités et sur le manque certain de nuances. A titre personnel ce n’est donc pas la lecture de l’année (c’est un peu trop simpliste pour la vieille routarde de la SF que je commence à devenir)

Cependant c’est un cycle que je recommanderais avec enthousiasme à de jeunes lecteurs : l’univers est chouette, l’intrigue prenante et les thématiques très intéressantes… j’aurais bien aimé que tous les romans que je lisais à 14-15 ans ressemblent à ça !

D’autres avis : Book en stock (sur le volume 1), Daily Mars, Les pipelettes en parlent, Ptitetrolle

mardi 14 mars 2017

Dimension Merveilleux scientifique (anthologie)


Dimension Merveilleux scientifique est une anthologie de nouvelles qui est entrée dans ma PàL dans le cadre du challenge CRAAA de Cornwall. Comme j’ai eu la bonne idée de ne pas la lire avant la fin du challenge, elle a un peu pris la poussière jusqu’à que je me décide à la sortir de mes étagères pour le plaisir de partir dans un voyage hommage à la SF des temps anciens.

Comme son titre l’indique, cette anthologie se veut en effet un hommage au merveilleux scientifique (ou à ce qu’on appelait aussi l’anticipation), ces récits de science-fiction des années 1850-1950 à l’imaginaire souvent débridé. Afin de remplir cet objectif, Dimension Merveilleux scientifique propose donc 14 nouvelles. Voyons voir le menu.

L’anthologie démarre avec Jamil Fouas, pupille de la Brigade Aérotractée Toulousaine de Sylvain Lamur, une excellente introduction sous la forme d’une enquête policière dans une Toulouse rétro-futuriste.

On rentre bien plus dans le vif du sujet avec Cadrans lunaires. Témoignage concernant les coulisses de la presse scientifique moderne de Beryl Asterell, un texte très XIXe siècle dans sa façon de raconter façon chronique journaliste un voyage sur la Lune. Il n’est en conséquence pas toujours facile à suivre, mais cela fait partie du jeu !

Klotzmobile de Alain Rozembaum nous permet de découvrir la prochaine étape dans l’évolution de l’humanité : l’homme voiture ! L’idée est bien exploité, et le résultat plutôt effrayant.

On retourne sur la Lune avec Les Lunatiques de Angou Levant, mais sous forme d’une fantaisie scientifique assez archaïsante. L’histoire n’est pas transcendante mais le côté reconstitution a son petit effet.

Transcientisation de Alexandre Rallo démarre sur un meurtre avant de nous amener à réfléchir aux maux nécessaires pour garantir la paix. L’histoire est bien menée et l’ambiance plutôt réussie.

Paulo de la Lune de Bertrand Dumeste est ma nouvelle favorite de tout le recueil. On y visite un monde où l’Homme a tourné le dos aux étoiles, sauf un petit garçon qui les regarde encore avec fascination et se pose plein de questions. C’est un texte très touchant, très juste et assez universel.

Vient ensuite ma deuxième nouvelle favorite, L'architecte et la nef des étoiles de Julien Heylbroeck. Ce texte s'intéresse au parcours de l'architecte Gaudi avec une petite touche de science-fiction et de fantastique à l'ancienne. C’est très bien trouvé et ça s'intègre merveilleusement à la légende du personnage.

Le Messager de l'Antarctique de Florence Cochet s'inspire et offre une suite de la nouvelle Le messager de la planète écrite par José Moselli (à priori ça date de 1925). C’est une jolie manière de remettre au goût du jour une histoire d'exploration et d'aliens, tout en y ajoutant une touche actuelle.

Les naufragés de la Rivière d'Argent de Michel Stéphan mélange de façon assez étonnante légendes bretonnes et tunnel transatlantique, pour une nouvelle très sympathique qui fourmille d’idées.

Avec Stupre et faction de Jean-François Thomas, on voyage de l’autre côté de l’Atlantique avec un concept bien délirant, à savoir des hommes et des femmes qui se baladent en sous-vêtements dans le métro. Le récit à l’ancienne par un narrateur qui assiste aux évènements et ne peut s'empêcher de tout ramener à lui est plutôt sympa.

L'Eclat d'Anna de Sylvain Lamur est ma troisième nouvelle favorite. Elle explore le concept bien barré de la planète invisible dans le ciel de la Terre pour parler des relations sociales de l’être humain. Si si je vous le jure.

Il y a par contre assez peu de merveilleux dans Projet Ambroisie de Alain Blondelon, qui parle de voyages spatiales et de lutte contre le vieillissement. J’avoue néanmoins avoir bien apprécié la chute.

L'Origine du Mal de Faust Netschaiev est une histoire de fin du monde au style (sans doute volontairement) lourd, dans laquelle j’ai eu beaucoup de mal à rentrer.

L’anthologie se termine avec J'étais, je suis, je serais de Luc Pleudon, une histoire assez complexe qui fait voyager dans le temps autour du projet de République soviétique dans les années 1910-1920. L’auteur connaît clairement son sujet mais j’ai eu un peu de mal à tout comprendre faute d’être dans la même situation.

Pour accompagner les nouvelles, l’anthologie propose également trois essais (que j’avoue avoir zappé, honte à moi) ainsi qu’une bibliographie et une sitographie bien fournies. Dimension Merveilleux fantastique est donc un ouvrage très abouti et fort complet.

Pour ma part j’ai trouvé sa lecture sympathique, surtout quand les nouvelles réussissaient à susciter l’émerveillement. Cependant j’ai souvent buté sur le style volontairement daté des écrits qui ne facilite pas toujours la lecture. Par ailleurs il m’a sans doute manqué quelques références si je me fie aux postfaces qui suivent chaque nouvelle.

Pour les passionnés du domaine, je pense que cette anthologie doit être excellente (d’ailleurs deux autres volumes ont été publiés, c’est bien la preuve qu’il existe un public intéressé). Pour ma part j’ai eu un peu de mal à rentrer complètement dedans. Cela ne m’a pas empêché cependant d’être touchée par certains textes (Paulo de la Lune, définitivement) et d’avoir envie de m’intéresser à ce pan de la SF que je connais extrêmement mal.

samedi 11 mars 2017

Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire - Saison 1


Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire est une série de treize romans jeunesse publiée dans les années 2000. Elle met en scène trois jeunes orphelins poursuivis par le terrifiant Comte Olaf, un machiavélique personnage qui en a après leur fortune.

J’avais lu le premier tome de cette série sans jamais trouver l’opportunité d’aller plus loin. J’avais cependant bien apprécié le ton à la fois sombre et plein d’humour, avec de nombreuses interventions du narrateur. Il y avait un petit côté Roald Dahl dans ces interventions et dans cette manière de mettre en scène des adultes aveugles et idiots. Le ton est cependant plus dramatique, la vie des orphelins Baudelaire ressemblant avant tout à une longue de naufrages et de catastrophes.

Lorsque Netflix a sorti une nouvelle adaptation en série, j’ai sauté sur l’occasion de replonger dans cette aventure, histoire d’avancer un peu plus dans l’intrigue qu’avec le film de 2004 (qui faisait certes du bon travail mais nous laissait en plan à la fin du troisième tome).


Ce qui est chouette lorsqu’on adapte une série de livres en en série télé, c’est qu’on a bien plus d’espace pour développer l’intrigue, ce que l’adaptation Netflix a bien compris : avec deux épisodes pour reprendre l’intrigue d’un livre, il y a bien plus d’espace pour développer les personnages, l’univers… et à peu près tout de manière générale !

Je n’ai lu qu’un seul roman donc je suis loin de connaître toutes les subtilités de cet univers, mais j’ai eu l’impression qu’il y avait vraiment une grande fidélité dans cette adaptation, dans le déroulement de l’histoire mais aussi dans la façon dont elle est racontée.

La série inclut notamment des interventions de Lemony Snickett qui s’intercalent ici et là dans l’intrigue, parfois de manière assez loufoque, et cela contribue grandement à poser l’atmosphère très particulière des Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire.


Visuellement, j’ai trouvé cette série superbe parce qu’elle est très particulière : que ce soit dans les décors, les costumes ou même dans la façon de filmer, j’ai eu l’impression d’avoir une réalisation de Wes Anderson, mais un Wes Anderson qui aurait succombé au côté obscur (avec une petite touche de Tim Burton parfois).

J’ai beaucoup aimé aussi la façon dont est racontée l’histoire, avec tout un jeu sur la répétition et sur les avertissements. Il arrive en effet assez fréquemment que l’auteur annonce des évènements à venir, mais cela ne gâche pas le visionnage, au contraire cela vient rajouter une dose de décalage (et cela n’empêche pas les surprises d’ailleurs).

Evidemment si vous n’appréciez guère l’humour noir, les tons décalés et les histoires qui forcent le trait volontairement, vous risquez de passer à côté de cette série. Mais si au contraire vous avez envie de voir quelque chose de différent, vous allez vous régaler dès les premières minutes, ne serait-ce qu’avec ce générique superbe visuellement, qui vous invite à aller voir ailleurs et en même temps vous présente le synopsis de l’histoire en cours !


Bref cette série est un régal à tout point de vue : intrigue, visuels mais aussi personnages. Les trois enfants (enfin surtout les deux grands, Violet et Klaus) sont très bons face un Neil Patrick Harris en Comte Olaf en grande forme. J’apprécie beaucoup le caractère très posé du personnage de l’auteur joué par Patrick Warburton.

Du coup arrivée à la fin de cette première saison, je me rends compte que je vais être obligée de reprendre ma lecture des livres. J’ai vraiment envie d’avoir le fin mot de l’histoire, et j’aimerais également mieux comprendre certains éléments de la série aussi.

En tout cas si vous avez envie d’une série qui change un peu, je vous recommande grandement d’accompagner les orphelins Baudelaire dans leur tragique vie, vous ne devriez pas être déçus !



mercredi 8 mars 2017

La servante écarlate – Margaret Atwood


La servante écarlate fait partie de ces romans dont j’ai croisé le titre ici et là pendant longtemps sans jamais savoir de quoi il parlait. Récemment, je suis tombée sur la bande-annonce de son adaptation en série télé qui m’a beaucoup intrigué. J’ai donc décidé de me pencher sur le cas de ce classique qui m’avait échappé jusque-là.

Pour la petite anecdote, j’ai voulu emprunter ce roman à la bibliothèque. La première fois que je suis passée, il était emprunté (soit). La deuxième fois, il était de retour mais la bibliothèque était fermée à cause d’une manif). La semaine suivante, je n’ai pas pu passer non plus, autant dire que lorsque j’ai enfin pu l’emprunter, j’étais tellement frustrée que j’ai lâché tout ce que j’avais en cours pour lire ce roman, et c’est sans regret !

(oui j’aurais aussi pu l’acheter, mais figurez-vous que la couverture de la nouvelle édition qui vient de sortir ne me parle pas du tout, du coup j’ai préféré emprunter l’ancienne et tant pis pour la préface inédite de l’auteure)

La servante écarlate est une dystopie qui nous emmène dans des États-Unis bien sinistres qui ont basculé dans le totalitarisme à tendance théocratique. Au sein de ces régimes, les femmes ont été renvoyées dans leurs foyers, sans autre rôle que celui d’épouse ou de servante. Les naissances ayant chuté drastiquement, celles qui ont la « chance » d’être fertile sont réduites à un rôle de mère porteuse, qu’elles soient ou non d’accord.

La narratrice de cette histoire est une de ces femmes, une servante écarlate qui n’a plus le droit de porter son nom. Tandis que les jours de sa vie s’écoulent doucement dans la vie très refermée qu’elle mène (elle n’a pratiquement le droit de parler à personne et passe la majeure partie de ses journées recluse dans sa chambre), elle passe en revue ses souvenirs, ce qui permet de découvrir par petites touches comment le monde (et elle) en sont arrivés-là.

Ce mode de récit tout sauf linéaire n’est pas toujours facile à suivre (d’autant plus que la narratrice n’a pas son pareil pour sauter du coq à l’âne), mais c’est ce qui le rend captivant. Je n’avais d’ailleurs pas terminé le premier chapitre que j’étais comme prise au piège de cet univers, avec cette narratrice dont on ressent très bien l’enfermement (certes en partie physique mais aussi psychologique). Il arrive qu’on lise des romans qui nous habitent, celui-là nous emprisonne purement et simplement !

Bien sûr, cela est dû aux thématiques qu’il aborde. Le cadre est celui d’une société totalitaire rigoureusement organisée pour annihiler toute forme de pensée : les livres et les journaux ont disparu et on a remplacé les noms des magasins par les logos des produits qu’ils vendent pour brider l’imagination. Il est d’ailleurs très intéressant de voir comment on peut réduire imagination et réflexion lorsqu’on fait pratiquement disparaitre l’écrit.

Dans ce régime, les femmes ont perdu tous leurs acquis (indépendance, possibilité de travailler, droit à disposer de leur corps), mais le régime en place ménage de pseudos espaces de liberté pour mieux les contrôler au travers de certaines cérémonies ou en choisissant des femmes prêtes à appliquer les principes de ce régime à des postes à responsabilité.

La description de cet univers est en elle-même glaçante, et je comprends qu’on associe souvent ce roman à 1984 car ils s’inscrivent résolument dans la même veine. La servante écarlate se concentre cependant plus sur la question des femmes et rappelle de façon assez douloureuse qu’aucun droit n’est jamais acquis pour toujours et pour tout le monde, ce que l’actualité nous rappelle assez régulièrement.

En cela La servante écarlate est déjà un excellent roman qui soulève des questions très intéressantes tout en faisant froid dans le dos. Mais cet effet est encore plus accentué par ce personnage principal qui n’a rien d’une super-héroïne.

Les dystopies les plus récentes que j’ai lues étaient souvent des romans pour la jeunesse où l’on se retrouve toujours avec une héroïne qui va trouver la force en elle de se dresser pour renverser l’ordre existant. Il n’y a rien de cela dans la narratrice de La servante écarlate.

Cette femme est complètement enfermée dans ce système. Elle se permet de petits actes de rébellion (quelque chose d’aussi insignifiant que de voler une noisette de beurre dans son assiette pour en se crémer le visage avec) mais elle est aussi complètement terrassée par la peur. Il y a même un moment où elle se déclare prête à tout accepter pourvu qu’elle garde sa vie.

Le roman nous rappelle ainsi qu’entre le noir et le blanc, qu’entre les collabos et les résistants, il y a aussi de très nombreuses nuances de gris, de personnes qui n’adhèrent pas à un système mais ne peuvent pas non plus le rejeter, des gens qui veulent juste continuer leur petit bonhomme de vie. Des êtres humains, en bref.

C’est donc un roman très riche que cette Servante écarlate : c’est une dystopie très bien pensée et très bien racontée qui n’a pas pris une ride ; c’est aussi un texte qui nous rappelle que rien n’est jamais acquis et qui nous renvoie à notre propre humanité. Ce livre est comme une claque dans la figure, et assurément un classique à lire sans hésiter.

D’autres avis : Bifrost, Bizz & Miel, Cachou, Valunivers

dimanche 5 mars 2017

[Tag] Ereader vs Book


Cela faisait déjà un petit moment que j’avais envie de faire un point après quelques années de lecture numérique (en fait je voulais le faire pour les trois ans de ma liseuse l’an dernier mais j’ai complètement zappé à l’époque). Ce petit tag trouvé chez Lutin82 et créé par Le chien critique est donc tombé à merveille. En route donc pour un petit retour d’expérience !

Avertissement : comme je suis une incorrigible bavarde, cet article est long (dans les 1800 mots, oups !). Pour ceux qui sont pressés, je vous propose de sauter directement au point six pour le résumé et la conclusion (300 mots seulement !).


1. Pourquoi la lecture numérique ?

Excellente question ! En fait je ne me rappelle plus très bien des raisons qui m’ont poussé à acheter ma liseuse il y a quatre ans. Il y avait certainement une certaine curiosité pour l’objet, une attirance pour l’offre qui commençait à se développer à l’époque (notamment avec les promos et les nouvelles gratuites), et je pensais m’en servir pour lire plus facilement en anglais.

Aujourd’hui j’apprécie de lire en numérique pour différentes raisons :

Le gain de place et de poids dans les transports : j’apprécie beaucoup plus certains pavés quand je ne dois pas les porter à bout de bras, d’autant plus lorsque je suis debout dans un train bondé ; il faut aussi reconnaître que c’est très pratique lorsqu’on part en vacances de n’emporter qu’une bibliothèque de poche (ceci dit je prends toujours un livre papier de secours au cas où… et un trombone si jamais il faut faire un reset de l’appareil !).

Les annotations : la fonctionnalité est malheureusement plus que rudimentaire sur ma liseuse, mais c’est extrêmement pratique pour retrouver de chouettes citations et les recaser après dans ses chroniques.

Le prêt numérique en bibliothèque : j’ai découvert cela l’an dernier et il faut avouer que c’est vraiment pratique pour emprunter des livres sans sortir de chez soi (sauf quand son inscription expire) et sans leur courir après parce qu’ils sont empruntés ; la mise en route n’est pas forcément aisée mais une fois que tout est paramétré, c’est vraiment pratique.

La lecture en anglais : je le fais finalement assez peu mais il faut reconnaître qu’à chaque fois que j’ai lu des textes en anglais, j’ai bien apprécié d’avoir un dictionnaire intégré.

Les fanfictions : j’ai longtemps été une grande lectrice de fanfictions et je le suis toujours par moment ; après m’être esquintée les yeux des années durant à les lire sur mon écran d’ordinateur, et même si certains sites de publication (Fanfiction.net notamment) se dotent désormais d’applications mobiles, quel bonheur de pouvoir transformer grâce à certains outils (lorsque la fonctionnalité n’est pas directement disponible sur le site en question) les fanfictions qu’on veut lire en epub, pour pouvoir les lire tranquillement du fond de son lit !

Les services presse : j’ai toujours eu un petit problème de culpabilité vis-à-vis des quelques services presse qu’on me proposait et que je n’aimais pas ou qui prenaient la poussière sur mes étagères. Je n’aime guère garder un livre que je n’ai pas aimé dans ma bibliothèque mais en même temps, j’ai un peu honte de revendre un ouvrage que je n’avais pas payé ; avec le numérique la question ne se pose pas : au pire le fichier disparait au fond de mon disque dur, ça ne pose aucun problème à ma conscience !


2. Pourquoi avez-vous choisi cette marque et pas une autre ?

Ma liseuse est un Kobo mini, modèle qui je crois n’existe plus aujourd’hui. A l’époque je l’ai choisi principalement pour son prix (elle m’a coûté 45 euros à l’époque grâce à un usage judicieux des promos et chèques fidélité) et parce que le système était plus ouvert que celui des Kindle.

C’est un modèle vraiment basique qui n’est pas dénué de problèmes (son système d’annotations est foireux et il se fige parfois sans raison), mais son petit format (c’est une liseuse 5 pouces) le rend incontournable dans les transports en commun.

J’ai eu des gros soucis récemment lorsque j’ai commencé les prêts numériques, ce qui m’a obligé à rétablir les paramètres d’usine. A priori Calibre, que j’utilise pour gérer ma bibliothèque, ne fait pas toujours bon ménage avec le logiciel Kobo. Depuis que je n’utilise plus celui-ci (de toute façon le système de ma liseuse n’est plus mis à jour donc je n’ai plus aucun intérêt à l’utiliser), cela va beaucoup mieux !

Si je devais changer de modèle, je pense que je resterais (si possible) sur le même format. Je lorgne cependant un peu sur l’éclairage intégré, parce que j’ai toujours le chic pour tomber dans le coin du train où il n’y a pas de lumière. On verra ça le moment venu en fonction des tests réalisé sur le blog Aldus (un excellent site de test de liseuses).


3. Que pensez-vous des DRM ?

Je n’aime pas, tout simplement. Je n’aime pas mettre un DVD et qu’on me rappelle via un petit film impossible à passer que pirater c’est voler (sauf vu que j’ai acheté ton DVD, c’est que je ne l’ai pas fait, banane !). Je n’aime pas qu’on limite le nombre d’appareils qui peuvent lire un livre ou qu’on limite le nombre de copies privées que je pourrais vouloir faire d’un CD comme c’était le cas à une époque.

De toute façon aucun DRM n’a jamais arrêté un pirate, et je pense que le meilleur moyen de diminuer le piratage est de proposer une offre légale alléchante (voyez Netflix ou Spotify pour les autres médias). Lorsque je dois me résigner à acheter un livre avec DRM (ce qui représente forcément une étape en plus puisqu’il faut passer par l’intermédiaire d’Adobe Digital Editions), je fais systématique sauter le verrou (c’est très facile avec Calibre). Pas parce que j’ai l’intention de le mettre en ligne illégalement, juste pour pouvoir profiter tranquillement de mon bien.

La seule exception où je tolère les DRM, c’est pour le prêt numérique. Cela a du sens vu qu’on est sur une logique de prêt à durée limitée (ce qui n’empêche pas certains éditeurs d’en profiter mais là n’est pas le débat). Donc j’utilise Adobe pour emprunter et rendre mes livres numériques, et je m’arrange pour terminer dans les temps (il faudra que je teste un jour quand même ce qu’il se passe quand on dépasse la date). Je pourrais les pirater mais je ne le fais pas, pour moi ça serait comme ne pas rendre un livre à la bibliothèque ! 


4. Que pensez-vous du piratage ?

Je suis un peu hypocrite sur le sujet, car je suis outrée quand on me parle de télécharger des livres illégalement, mais en même temps je n’ai pas l’once d’un regret lorsqu’on parle de films ou de séries (ceci dit depuis l’arrivée de Netflix je suis bien plus réglo sur le sujet). Il y a sans doute une question de valeur, de rapport qualité/prix, de plus grand respect pour l’œuvre d’un seul auteur et non d’une maison de production affamée de bénéfices, entre autres choses…

Je ne regarde cependant pas d’où proviennent certains livres numériques qu’on me passe (en même temps ça serait comme demander à votre ami qui vous prête un livre papier s’il l’a volé !), et tant que ça reste dans le cadre d’un cercle restreint (famille et amis), je pense qu’il n’y a aucun mal à se prêter des livres numériques, de même qu’on se prête des livres papiers !


5. Les ebooks : trop cher ou pas assez ?

Tout dépend de la politique de l’éditeur, et dans le domaine chacun a sa recette. Pour moi cela n’a juste pas de sens de payer un livre numérique aussi cher qu’un livre papier (ou à peine deux euros de moins). Pour un livre grand format, j’ai tendance à faire la tronche dès que l’epub est à plus de 10-12 euros (après tout dépend de la taille du livre). J’ai également bien du mal à comprendre qu’on puisse vendre un fichier numérique plus cher que sa version en poche !

A part ça, il y a un truc que j’aime bien avec le numérique, c’est le développement de mini-recueils comme le fait ActuSF. Cela permet de découvrir ou redécouvrir des textes qui sont difficiles à se procurer au format papier pour quelques euros (je me rappelle avoir acheté des nouvelles de Jaworski à la pièce qui avaient été publiées dans diverses anthologies à l’origine). Pour le coup c’est une excellente initiative.

J’aimais aussi beaucoup quand Le Bélial’ permettait d’acheter avec la version papier de ses livres la version numérique à un coût très réduit. Dommage que ce ne soit pas possible d’un point de vue législatif (une histoire d’entorse au prix unique du livre, de mémoire), parce que c’est quelque chose qui me semble tellement logique et pratique !


6. Les qualités et défauts de la liseuse

Concernant les qualités d’une liseuse, je les ai déjà tous évoqués : praticité dans les transports, confort pour lire des gros livres, utilité pour certains textes « full numérique » (nouvelles à la pièce ou fanfictions) et pour lire en anglais avec dictionnaire.

Mais il n’y a pas que des bons côtés. Pour ce qui est de mon modèle je regrette un peu son inertie et son incapacité à conserver correctement des annotations (alors que j’avais de grands projets à ce sujet), mais j’imagine que cela ne concerne pas tous les modèles.

Dans mon cas j’ai également un gros problème avec la lecture numérique, c’est qu’elle ne convient pas forcément à ma façon de lire. Il m’arrive en effet fréquemment lorsque je lis de revenir en arrière vérifier un détail, ou de feuilleter en avant pour voir si j’aurais le temps de finir mon chapitre avant d’arriver à mon arrêt de bus. Essayez un peu de faire la même chose sur une liseuse, vous allez voir comme c’est fastidieux. 

Enfin si vous êtes très sensibles au niveau du toucher comme moi, vous comprendrez qu'on n'ait pas le même plaisir à manipuler une liseuse ou un livre papier. Surtout lorsqu'on aime caresser le papier des pages, jouer avec les rabats ou encore se plonger dans la contemplation de la couverture aux vernis sélectifs soignés.


En bref…

Quatre ans après, où en suis-je dans mes lectures numériques ? J’ai lu une quarantaine de romans, une cinquantaine de nouvelles ou de recueils, ainsi que quelques essais. Des textes que j’ai acquis lors de promotions ou de prêts le plus souvent, il est encore assez rare que j'achète en « neuf » mes livres numériques.

Le numérique n’est pas vraiment rentré dans mes mœurs. Ce qui ne m’empêche pas d’apprécier ma liseuse pour le confort qu’elle offre pour certains types de livres, ou pour lire des choses non disponibles au format papier. Pour moi la lecture numérique ne remplace pas la lecture sur papier, elle la complète.

L'avenir dira si l'absence d'étagères extensibles va me pousser à lire de plus en plus en numérique… une chose est sûre, j’aime trop l’objet-livre pour l’abandonner totalement !

vendredi 3 mars 2017

[Concours] La Planète des singes : les résultats


Comme annoncé la semaine dernière, il est temps de dévoiler les heureux élus qui pourront aller profiter d’une projection du film La planète des singes sur grand écran ce dimanche à 16h30 au Forum des images.

(Je signale d’ailleurs que à l’attention de ceux qui aiment les vieux films de SF qu’il est également possible de voir Soleil vert la même après-midi, ce n’est sans doute pas très bon pour le moral mais quelle belle après-midi thématique tout de même).

Bravo donc à :
  • Crimson
  • Fánaríë (même si au final tu n’es pas dispo ;)
  • Mary
  • Shaya
  • Tigger Lilly
Vos coordonnées ont été transmises au Forum des images. Les places seront à retirer à l’accueil avant la séance. Bon visionnage à tous !

mercredi 1 mars 2017

Recueil factice - Février 2017

Ce mois-ci, j’ai continué mes chantiers d’arrière-plan sur le blog. J’ai terminé (non sans mal) la page récapitulative des challenges auxquels j’ai participé, et j’ai également revu tout mon système de tag, notamment en ajoutant des tags d’auteurs pour retrouver leurs textes plus facilement. Je réfléchis à appliquer cette mesure aux anthologies et aux recueils factices mais je crains un peu la surcharge… si vous avez un avis sur la question d’ailleurs, n’hésitez pas ! (enfin pour ceux que ce genre de détails futiles passionne bien sûr…)



LIVRES


Groom : Que faut-il sauver de 2016 (revue)
Je suis tombée par hasard sur ce hors-série du journal Spirou qui décrypte l'actualité par le biais de la bande-dessinée. A priori destinée à un public jeune (et quelle belle initiative soit dit en passant), Groom est une excellente lecture pour aborder les évènements de 2016 sous un autre format. Les différentes BDs peuvent être drôles ou sérieuses, sur des sujets très variés (terrorisme, migrants, Brexit, élections américaines mais aussi foot !). Quelques entretiens et articles viennent enrichir le tout. A lire et à faire lire.

Meurtres en douceur – Ray Bradbury
Des nouvelles pas franchement SFFF sympathiques à lire, surtout Meurtres en douceur et ÉchangeChronique complète

Nous allons tous très bien, merci – Daryl Gregory
Une novella au concept très original et aux personnages extrêmement bien conçus et crédibles – Chronique complète

Le nexus du Docteur Erdmann – Nancy Kress
Une histoire sympathique dans le cadre original d’une maison de retraite – Chronique complète

Le club – Michel Pagel
Un court roman bien malsain pour changer l’image qu’on conserve du Club des CinqChronique complète

Les couleurs de nos souvenirs – Michel Pastoureau
Un autre essai du spécialiste des couleurs, qui se révèle cette fois-ci plus personnel puisqu'il évoque son rapport à la couleur et de nombreuses expériences de sa vie liées à la couleur. C'est un livre un peu moins érudit et « sérieux » que ses autres textes, avec moins de références et une certaine tendance à partir dans tous les sens (même si tout est trié par catégorie). Il est donc plus accessible mais susceptible de parfois vous faire lever les yeux au ciel à certains commentaires. Mais c’est une lecture sympathique à picorer, qui fait drôlement réfléchir sur la couleur des objets qui nous entoure.

Cookie Monster – Vernor Vinge
Une chouette novella qui exploite un concept vertigineux sans pour autant perdre son lecteur – Chronique complète

Mes vrais enfants – Jo Walton
Une magistrale uchronie personnelle, très touchante et qui déborde d’excellentes réflexions – Chronique complète

Les enfantômes – Joëlle Wintrebert
Un recueil de nouvelles sympathique mais auquel il manque le petit truc en plus pour faire la différence – Chronique complète



FILMS


Le parrain 3 – Francis Ford Coppola
Je me suis dépêchée de visionner le 3ème volet alors qu'il allait quitter le catalogue de Netflix (c'est ce qui est un peu casse-pied d'ailleurs avec ce service, à partir les contenus exclusifs il faut se méfier de tout ce qu’on met de côté pour plus tard, certains films vont et viennent sans aucun avertissement). J'avais lu que c'était le moins bon de la trilogie, mais je l'ai pour ma part beaucoup apprécié. C'est toujours aussi lent et prenant, complexe au point de mériter un tour par Wikipédia quand on n’a pas prêté attention à tout le monde, et j'aime autant les parallèles avec le premier film que les multiples facettes du personnage. Un classique du cinéma !

Rock’n’Roll – Guillaume Canet
Un film vu un peu par hasard, mais sans regret, qui met en scène Guillaume Canet en pleine crise de la quarantaine. C’est une histoire bien sûr très drôle (avec des passages bien WTF et un superbe casting de gens jouant leur propre rôle avec beaucoup d’autodérision). Elle se révèle aussi plus fine qu'on ne le penserait avec toute une réflexion sur le vieillissement dans le monde du show-biz. Le résultat est très sympathique et pas prise de tête.



SÉRIES


Mr. Robot – Saison 2
J'ai mis assez longtemps à terminer cette deuxième saison, la faute à un début très lent et plutôt obscur. Mais cette série mérite qu'on s'accroche car une fois passé le cap de la mi- saison on se retrouve incapable de lâcher l'affaire, tant cette série étonne à tout point de vue : personnages, réalisation, thématiques abordées. J'aime beaucoup le fait que tous ces personnages soient très troubles et qu'on ne sache jamais si on peut se fier à ce qu’on voit. Un seul regret : la fin est bien trop ouverte, on termine avec l’impression que tout cela n’était qu’une aimable introduction à la saison 3.



SORTIES


Le jour où j'ai rencontré Franz Liszt (spectacle)
Un spectacle qui mêle théâtre et musique pour raconter la vie de Franz Liszt, un peu dans le même esprit que Que ma joie demeure d’Alexandre Astier. C'est très sympathique à voir, d'autant plus que Pascal Amoyel, l'auteur et acteur de ce one-man-show, est un sacré virtuose du piano et que ses interprétations sont superbes.

Picasso-Giacometti au musée Picasso
Une exposition plutôt intéressante qui met en parallèle l'œuvre des deux artistes. C’est l'occasion de découvrir et de redécouvrir des œuvres plus ou moins connues, et dans mon cas de me réconcilier avec Giacometti. J'ai surtout apprécié la partie sculpture (notamment les chats où le contraste entre le chat famélique de Giacometti et celui bien dodu de Picasso est saisissant). J'en ai profité pour découvrir la nouvelle mouture du musée Picasso : les accrochages sympathiques mais je crois que j'ai raté les grands chefs d'œuvres dans le labyrinthe des couloirs, il faudra donc que j'y retourne !



À VENIR EN MARS

A l’heure où j’écris ces mots, j’ai actuellement trois livres en cours en même temps : Dimension merveilleux scientifique (une anthologie de nouvelles), Les Abîmes d’Autremer de Danielle Martinigol (un jeunesse) et La servante écarlate de Margaret Atwood (un classique de la SF donc). Voilà pour le teasing des chroniques littéraires à venir.

J’espère trouver un peu plus de temps pour aller voir des films en mars (et pour vous en parler donc) vu que plein de choses me tentent, comme Paula, le biopic sur Paula Modersohn-Becker, et aussi une bonne partie du programme du festival Chic Planète (d’ailleurs si vous avez envie de gagner des places c’est par ici  ;) ).

Et si tout va bien, je compte bien vous parler de la série Netflix Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, parce que j’adore cette adaptation qui me donne furieusement envie de replonger dans les livres.