mercredi 7 mars 2018

Le langage de la nuit – Ursula K. Le Guin

 

On connaît très bien Ursula K. Le Guin (décédée en janvier dernier :’( ) pour ses romans et ses nouvelles, beaucoup moins pour ses essais très peu traduits en France. La maison d’édition Aux forces de Vulcain a décidé d’y remédier en traduisant un de ses recueils d’essai, Le langage de la nuit.

Publié en VO à la fin des années 1970, Le langage de la nuit : essais sur la science-fiction et la fantasy de son nom complet propose neuf essais, préfaces et discours de l’auteure écrits entre 1973 et 1977. Ursula K. Le Guin y parle de SF et de fantasy bien sûr, mais aussi d’écriture et de la façon dont son œuvre est perçue.

Même si je ne suis pas toujours d’accord avec ce qu’elle écrit (elle est parfois un peu dure avec certains types de romans de fantasy ou de SF), il faut reconnaître que ses propos sont passionnants à lire, grâce à sa plume très fluide et une érudition qui ne prend pas le lecteur de haut.

C’est également très intéressant de découvrir l’envers du décor de la conception de certains de ses romans et univers-phares, comme les cycles de Terremer et de Hain.

Deux textes m’ont particulièrement marquée au cours de ma lecture :
- Pourquoi les Américains ont-ils peur des dragons ?, un essai hélas toujours d’actualité sur la perception des littératures de l’imaginaire par une partie du grand public ;
- Madame Brown et la science-fiction, un texte étonnant qui fait le lien entre une citation de Virginia Woolf et la construction d’un roman de SF et qui intéressera les personnes qui écrivent de la SFFF mais aussi ceux qui écrivent de la littérature en général.

D’ailleurs c’est peut-être ce qui est le plus surprenant à propos de ce recueil : il est intéressant à lire pour les amateurs de SFFF, mais je pense qu’il pourra plaire dans une certaine mesure à un public un peu plus large qui s’intéresse à des questions d’écriture et de construction d’une œuvre.

A noter que la version française ne contient pas tous les textes de l’édition originale (qui en comporte 24), mais comme les textes manquants sont principalement des introductions (si je me fie à Google Books), je me demande s’ils n’ont pas été sciemment écartés parce qu’ils n’étaient plus trop d’actualité et pour éviter de faire fuir tout le monde avec un pavé d’essais.

Voilà pour Le langage de la nuit, un chouette recueil d’essais qui malgré son grand âge reste très actuel dans ses propos et offre des analyses très intéressantes sur les littératures de l’imaginaire, et pas que. Si on apprécie la plume d’Ursula K. Le Guin, c’est un indispensable à avoir dans sa bibliothèque (et si ce n’est pas le cas, lisez-le quand même !).
« Un enfant sait très bien que les licornes n’existent pas, mais il sait aussi qu’un livre qui parle de licornes, s’il est bien écrit, dit la vérité »

12 commentaires:

  1. De base un essai ne m'intéresse pas plus que ça, mais là... D'autant plus que ce sont plusieurs essais, ça me fait un peu moins peur (comme si j'avais peur de l'écriture de Le Guin !). Pourquoi pas donc. Et puis ne serait-ce que pour cette dernière citation !

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    1. @Baroona
      C'est Ursula Le Guin, ça mérite bien qu'on s'y intéresse rien que pour ça ^^

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  2. Pfff ! Avec une citation pareille, c’est sûr que tu nous donnes envie de le lire :) !

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  3. Un jour, je me l'offrirai, comme tout l4ekumen sir je peux. Merci pour ce retour qui éclaire vraiment sur le contenu pour nous autres amateurs de SFFF

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    1. @lutin82
      De toute façon presque tous ses textes sont à lire, essais comme romans ^^

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  4. Super intéressent! (Et il n'est pas dispo sur The Book Depository, je suis dégoutée....)

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    1. @Alys
      Zut, j'espère que tu finiras par le trouver !

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  5. Je lirai d'abord ses fictions mais ça a l'air très intéressant.

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    1. @Tigger Lilly
      Ca l'est, et c'est intéressant à lire après les premiers romans des cycle de Hain et de Terremer ^^

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  6. J'hésitais à me le procurer. Comme tu dis que la lecture est fluide, ça me rassure. Par ailleurs je viens de voir sur le site de l'éditeur que ça ne fait que 156 pages, ce qui me rassure également (j'ai beau estimer important de lire de temps en temps des essais, je mets trois plombes à les lire). Et ce que tu dis sur l'envers du travail d'écriture me fait bien envie.

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    1. @Miroirs SF
      Vu que tu as des romans de Ursula Le Guin il ne peut que te plaire je pense ^^
      (et effectivement ça se lit très vite)

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