samedi 10 mars 2018

Point du jour – Léo Henry et Stéphane Perger


Après être passée à côté de Few of us de Luvan, j’avais quelques réticences à me lancer dans la lecture de ce recueil de Léo Henry, les deux livres étant liés dans mon esprit (normal, je les avais acquis ensemble !). Mon envie de textes courts a néanmoins eu le dessus, et je ne regrette pas car Point du jour s’est révélé bien plus agréable à lire.

Point du jour est un recueil qui se compose d’une novella de 111 111 signes (dans la lignée de l’autre livre de la collection, Il faudrait pour grandir oublier la frontière) encadrée de neuf nouvelles qui partagent le même univers, Point du jour, un environnement à priori post-apo où le soleil n’en fait qu’à sa tête et qui m’a un peu évoqué dans l’esprit Yirminadingrad en moins urbain.

J’ai fait assez facilement le lien avec les deux univers non pas pour leurs ressemblances physiques, mais plutôt parce qu’ils sont tous les deux étranges, souvent sombres et qu’on ne sait pas trop dans quoi on met les pieds. Pourtant Point du jour, comme Yirminadingrad, n’a aucun mal à créer une fascination qui pousse à s’aventurer plus avant dans son exploration.

Ainsi dans Point du jour on suivra par exemple une gynoïde en quête de quelque chose qui s’accommode d’une étrange compagnie, une jeune femme issue d’une communauté souterraine qui découvre la surface ou encore une aventurière qui ne supporte pas le train-train de la vie de famille.

Toutes ces histoires sont en partie liées entre elles par leurs personnages ou les lieux où elles se déroulent, ce qui créé une sorte de fil rouge bienvenue pour créer de la cohérence et donner du sens à des textes pas toujours faciles à appréhender.

Le résultat est un recueil qui se révèle très prenant, où l’on passe facilement d’un texte à l’autre et où on a parfois l’impression que l’ensemble a été pensé comme un ouvrage unique (alors que sept des textes qui le compose ont été publiés une première fois sur un autre support).

Il y a quelque chose dans l’atmosphère générale, dans l’écriture très travaillée et dans certains récits plutôt prenants (mention spéciale à la novella centrale, La Ballade de Gin & Bobi) qui rend cette lecture particulière et remarquable, même s’il est parfois difficile de déterminer pourquoi.

Je pensais me galérer à la lecture et j’ai finalement dévoré ce livre sur à peine deux jours, emportée par l’étrange univers, le personnage étonnant de Bobi et le jeu des renvois entre les nouvelles (l’auteur propose même des chronologies en fin d’ouvrage pour remettre de l’ordre dans les textes), même si je suis passée complètement à côté de certains textes, faute d’avoir toutes les clés pour les comprendre.

Les nombreuses belles illustrations de Stéphane Perger et la mise en page soignée de l’ouvrage (comme toutes les productions Scylla/Dystopia) ne gâchent rien au plaisir, bien au contraire. Point du jour c’est typiquement le genre de livre qu’on n’aura pas envie d’acheter en numérique pour ne pas se priver du plaisir de le parcourir au format papier.

Point du jour est un recueil de nouvelles atypique et pas forcément des plus faciles d’accès (quoique bien plus que le cycle d’Yirminadingrad en ce qui me concerne), mais sa belle écriture, son univers fascinant et sa construction soignée (dans l’assemblage des nouvelles et dans la conception de l’objet-livre) en font un livre intéressant à découvrir pour qui a envie de sortir des sentiers battus avec un livre original et bien pensé.

6 commentaires:

  1. C'est bon à savoir, parce que j'aurais tendance à être réticent aussi, sans vraiment de raison. ^^

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    1. @Baroona
      C'est pas non plus le livre le plus accessible de la Terre. Mais de tous les OLNI que j'ai pu lire dernièrement, c'est celui qui m'a le plus plu ^^

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  2. Je note :p quand j'aurai lu tous les Yirminadingrad :p

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    1. @Tigger Lilly
      Ca peut bien s'enchaîner en effet ^^

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  3. Ah tiens, il est dans ma pile à lire depuis sa sortie et je n'ai pas encore pris le temps de l'en sortir. Je sais que les textes de Léo Henry ne sont pas toujours très accessibles, c'est ce qui me freine un peu mais tu sembles dire qu'il vaut le coup (et je ne pourrais pas comparer avec Yirminadingrad car je ne l'ai pas lu).

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    1. @Ptitetrolle
      Je l'ai trouvé relativement accessible celui-là ^^.

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